Arrêt imprévu de Doel 4: il s’agit bel et bien d’un sabotage

L’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) et le parquet de Termonde ont chacun ouvert une enquête sur l’arrêt inattendu de la centrale nucléaire de Doel 4 mardi, selon des informations de VTM confirmées par l’AFCN et le parquet vendredi.

Le personnel de Doel 4 a été interrogé par l’AFCN. « Presque tous nos enquêteurs sont sur place », confirme une porte-parole de l’Agence.« Ils interrogent tous les membres du personnel, en commençant par les personnes présentes sur les lieux juste avant l’incident. Leur présence peut être connue avec exactitude grâce au système de pointage des badges. »

Le parquet a lui aussi décidé d’ouvrir une enquête.« Un procès-verbal a été dressé », confirme le magistrat Jurgen Coppens.

Le sabotage retenu

La centrale nucléaire de Doel 4 a été mise à l’arrêt de manière inattendue mardi matin à la suite d’une perte d’huile de la turbine à vapeur dans la partie non-nucléaire de la centrale. L’AFCN et le parquet ne négligent aucune piste et cherchent à déterminer si cet arrêt résulte d’une erreur accidentelle ou délibérée.

Néanmoins, selon nos informations, il s’agirait bel et bien d’un sabotage. Celui-ci ne pouvant avoir été commis que par quelqu’un d’interne à la centrale, et surtout ayant le « know-how » nécessaire pour commettre un tel acte.

Une information qui a été confirmée par Jan Bens, le patron de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Il a expliqué que la perte d’huile survenue relève d’une manœuvre manuelle et délibérée. Il n’est toutefois pas encore certain qu’il y ait eu intention criminelle. L’Agence a imposé plusieurs exigences à l’exploitant Electrabel et a également contacté l’instance chargée de délivrer les attestations de sécurité au personnel.

«Il y a eu une manœuvre manuelle, délibérée afin de faire couler l’huile. Comme nous soupçonnons une intention criminelle, le parquet de Termonde a été sollicité», a ajouté M. Bens, qui par le passé dirigeait lui-même la centrale.

Un site équipé de nombreuses caméras

«Le site est équipé de nombreuses caméras mais celles-ci ne voient pas tout. Plusieurs centaines de personnes ont accès à la zone technique, où les faits se sont déroulés. Le parquet mène l’enquête avec notre aide. L’interrogatoire du personnel doit encore commencer.»

Il n’exclut pas que parmi les centaines de personnes qui ont accès à la zone technique, il y ait aussi des travailleurs qui puissent pénétrer dans des zones plus sensibles (nucléaire...). La centrale est toutefois subdivisée en plusieurs zones, entre lesquelles travailleurs et entrepreneurs doivent s’identifier avec un badge.

L’Agence a également pris contact avec l’Autorité nationale de sécurité (ANS), l’instance chargée de mener les enquêtes de sécurité auprès du personnel et des entrepreneurs et de délivrer dans la foulée les attestations ad hoc.