Vous avez dit passé industriel du canal?

Le canal de Bruxelles ou de Charleroi, voire même de Willebroeck selon les interlocuteurs, déborde sur toutes les lèvres des décideurs bruxellois. Privé et public voient dans cette zone un levier économique pour le futur de la capitale. Afin de faire le point, l’Agence de développement territorial bruxelloise (ADT) publie un ouvrage reprenant son histoire, sa richesse, mais également les enjeux économiques, démographiques, écologiques qu’il englobe.

Le canal, c’est d’abord tout un pan de l’histoire de Bruxelles. Si la Senne a permis pendant des années le développement de l’industrie dans la capitale, l’aménagement du canal a été un important accélérateur. Il a été creusé dès 1551 sous l’impulsion de Charles Quint, direction Anvers. Puis, au XIXe siècle, son extension a été poursuivie vers Charleroi. En 1832, le canal revêtait sa forme actuelle.

Vers 1880, le chemin de fer est saturé et les élus souhaitent développer le transport maritime. Pour cela, il faut créer un port de mer au cœur de la capitale. Après des années d’études, il est inauguré en 1922 et est formé de trois grands bassins : Gobert, Béco et Vergote. En même temps, un immense complexe industriel, combinant une gare de marchandises directement reliée au canal et une zone douanière, voit le jour sur le site de Tour&Taxis.

En même temps, les axes de développement se déplacent. Le nord fait la part belle à la chimie, la pétrochimie et les matériaux de construction d’où la présence encore actuellement des cimenteries vers Vilvorde. Les abattoirs d’Anderlecht, au centre et au sud confirment la filière liée à la viande, au cuir et aux sous-produits animaux.

Les quartiers se développent harmonieusement jusqu’au dernier quart du XXe siècle où la ville est victime d’une triple crise. D’abord celle dite « urbaine » avec une fuite de la classe moyenne vers la périphérie et son remplacement par une population plus fragilisée. Ensuite, celle de la désindustrialisation. En 40 ans, Bruxelles est passée de 160.000 emplois industriels à 30.000 aujourd’hui, dont à peine la moitié concerne les ouvriers. Enfin les deux autres Régions se sont désintéressées de Bruxelles et n’ont pas mis les moyens nécessaires pour revitaliser ces quartiers. En 1989, lors de la création de la Région bruxelloise, le canal devient directement la priorité.

Ce passé industriel ainsi que la fonction de gestion des eaux du canal laissent un patrimoine riche qui peut être valorisé en termes touristiques, récréatifs et écologiques. Le canal joue évidemment le rôle de bassin d’orage à ciel ouvert mais, depuis 2012, de nouvelles espèces de mollusques et de plantes sont apparues, ce qui indique une amélioration de la qualité des eaux. Un jour, il sera peut-être possible de s’y baigner et ainsi d’augmenter les zones de loisirs…

Canal ? Vous avez dit canal ?! de l’ADT

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