L’être humain est aussi destructeur que les météorites qui ont emporté les dinosaures

30 à 50 % des espèces pourraient disparaître d’ici 30 ans.

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La 6e extinction massive du vivant est en cours. Dans la revue Science, des biologistes suggèrent que 30 à 50 % des espèces pourraient disparaître d’ici 30 ans. Ce déclin est similaire à celui d’il y a 65 millions d’années, lorsque des météorites emportaient les dinosaures. Désormais, c’est l’humain qui est la principale caractéristique modifiant la planète. Au point de faire subir son joug à une ère géologique entière, appelée anthropocène. Le Pr Edwin Zaccaï est le directeur du centre d’études sur le développement durable (CEDD) à l’ULB. Il est également l’auteur de “ L’adaptation au changement climatique ”, récemment publié aux éditions La Découverte. Il revient sur cette notion d’anthropocène.

Comment l’être humain, si petit au regard de la planète,peut-il être si destructeur ?

L’homme est petit, mais il a décuplé son pouvoir grâce aux énergies fossiles lesquelles lui ont permis de créer des industries et de mécaniser l’agriculture. En modifiant la surface de la Terre, en l’exploitant, en coupant ses forêts, il a modifié le milieu. C’est la première cause d’extinction des espèces vivantes, bien avant les pollutions. Ensuite, la planète est extrêmement fragile. De toutes petites modifications entraînent des déséquilibres en cascade. Par exemple, purement en termes de concentrations, l’augmentation du CO2 atmosphérique est infime. Néanmoins, le réchauffement du climat est bien là et le vivant souffre déjà durement de ses effets.

Peut-on parler de crise environnementale ?

Non car on ne reviendra pas à la situation environnementale d’antan. En 2014, on ne peut plus dire de la Terre évolue de façon naturelle. L’humain est désormais partie prenante des déséquilibres planétaires. Cette ère de l’anthropocène aurait débuté à la révolution industrielle, et sa fin n’est pas prévisible.

Quel avenir pour la planète ?

Alors que les effondrements brusques et imprévisibles sont peu probables, ce sont plutôt des déséquilibres locaux et irréguliers qu’il faut craindre. Ainsi, le réchauffement du climat va se poursuivre, et ses effets seront assez lents. Par exemple, au cours de ce siècle, la montée du niveau des mers sera faible. Elle se poursuivra sur plusieurs centaines d’années, érodant les rivages et entraînant dans son sillage des modifications fortes dans les activités côtières. Aussi, la biodiversité va continuer à s’appauvrir. Face au réchauffement, les espèces qui ne parviendront pas à migrer, mourront.

Et que va-t-il devenir de l’humain ?

On peut espérer qu’il se sente de plus en plus responsable du réchauffement planétaire. Ce mouvement de conscientisation est d’ores et déjà en cours. De plus, comme les autres espèces, il va devoir s’adapter au changement climatique et migrer. Il ira vers les villes où il créera un environnement artificiel. Mais l’organisation future des sociétés humaines aura des limites.

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