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Les cinq maux du gouvernement Valls

Croissance en panne, chômage en hausse, majorité qui doute: le tableau d’avant-rentrée pour le gouvernement Valls était noir.

Envoyée permanente à Paris Temps de lecture: 4 min

La croissance en panne

Une douche froide: c’est l’effet qu’a produit la semaine dernière le chiffre de la croissance pour le second trimestre. Une croissance zéro, comme au premier trimestre, déjà. L’objectif d’une croissance de 1% pour 2014 s’éloigne.

«Ce sera au mieux 0,5%», a admis le ministre des Finances Michel Sapin. «Il y a un problème français», a concédé celui qui – pataquès de communication – s’est laissé photographier ramant seul au large de l’île d’Yeu où il était en vacances. «Mais il y a aussi un problème européen», a-t-il ajouté en mettant en avant la mauvaise performance de l’Allemagne sur la même période: -0,2%. Pour les Français, à qui François Hollande tenait jusqu’ici un discours optimiste (le pain blanc viendrait après le pain gris du début de mandat), c’est la désillusion. Le pouvoir d’achat reste en berne et dans ce contexte, pas de relance par la consommation.

Le chômage toujours au plus haut

La courbe du chômage était censée baisser dès la fin 2013. Or elle continue toujours d’augmenter. Avec 3,6 millions de demandeurs d’emploi, la France compte même 130.000 chômeurs de plus que l’an passé. Il n’y a qu’un seul mois où les chiffres du chômage ont connu un répit.

François Hollande a changé de braquet l’hiver dernier: en misant résolument sur une politique de l’offre avec son pacte de responsabilité (une baisse des charges sur les entreprises en échange de la création d’emplois), il veut doper la compétitivité. Il vient pour cela d’obtenir un satisfecit du patronat. «Le gouvernement va dans la bonne direction», a indiqué le président du Medef, Pierre Gattaz. François Hollande veut être jugé sur ce critère à la fin de son mandat. Sinon? Il ne se représentera pas, a-t-il fait savoir.

Le ras-le-bol fiscal toujours présent

Si la croissance n’est pas au rendez-vous, les recettes prévues vont baisser. Mais comment faire pour ramener le budget à l’équilibre? C’est la difficile équation à laquelle le gouvernement devra s’atteler d’ici fin septembre. L’exécutif a déjà exclu de nouvelles économies (un plan de réduction des dépenses de 50 milliards d’euros est déjà prévu). Augmenter les impôts? Ce n’est pas davantage envisageable, tant le ras-le-bol fiscal est toujours présent. Au contraire: de nouvelles baisses d’impôts ont été promises aux plus modestes qui auraient dû bénéficier d’une baisse des cotisations salariales si le Conseil constitutionnel n’avait pas sanctionné cet été ce volet social du fameux pacte de responsabilité.

Le déficit pas près d’être résorbé

Non seulement la France sera probablement à 4% de déficit en 2014 mais sa promesse de ramener ce déficit à 3% du PIB en 2015 ne sera sans doute pas non plus tenue. Il faudra quémander un nouveau délai auprès de la Commission européenne… La France voudrait aussi que l’euro, qu’elle juge trop fort, soit enfin déprécié.

Mais sera-t-elle entendue? Rien n’est moins sûr. Au cœur de l’été, le geste déjà demandé à l’Allemagne a été suivi d’une fin de non-recevoir. Berlin estime avoir déjà fait suffisamment pour la croissance. Le sommet européen du 30 août prochain risque d’être tendu entre les deux partenaires. D’autant que le futur commissaire français, l’ex-ministre des Finances Pierre Moscovici, n’a pas non plus les faveurs de l’Allemagne.

La politique étrangère à deux vitesses

François Hollande s’échine à faire entendre sa voix. En Irak, la France livrera des armes, même s’il n’est pas question pour elle, déjà engagée au Mali et en Centrafrique, d’envoyer des troupes pour soutenir les Kurdes face aux djihadistes de l’Etat islamique. Mais elle peine à entraîner l’Europe dans son sillage.

Pire: sur le dossier ukrainien, elle s’attire les foudres de ses partenaires qui critiquent la «mistralisation» de sa politique. Paris ne veut pas renoncer à livrer un premier porte-hélicoptères, déjà payé par les Russes. Trop d’emplois sont en jeu aux chantiers navals de Saint-Nazaire. Le second navire sera livré en fonction de l’attitude de Vladimir Poutine dans la crise ukrainienne, indique l’Elysée en parlant, mais sans convaincre, d’un «moyen de pression» sur le Kremlin.

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