Poutine veut discuter de la création d’un «statut étatique» pour l’Est ukrainien

Vladimir Poutine a évoqué dimanche pour la première fois l’idée d’un «  statut étatique » pour les régions rebelles de l’est de l’Ukraine, alors que les Occidentaux l’accusent d’y avoir déployé des troupes et le somment de les retirer sous peine de nouvelles sanctions.

Sur le terrain, les séparatistes qui ont repris la semaine dernière du terrain semblaient préparer une nouvelle contre-offensive. Les forces ukrainiennes semblent désormais être cernées dans la zone entre le fief rebelle de Donetsk, la frontière russe à l’est et le port stratégique de Marioupol au sud sur les bords de la mer d’Azov.

«  Nous devons commencer immédiatement des discussions substantielles (…) sur des questions touchant à l’organisation politique de la société et à un statut étatique pour le sud-est de l’Ukraine afin de protéger les intérêts légitimes des personnes qui y vivent », a déclaré le président russe dans une interview télévisée.

« Novorossia »

Il s’agit d’un nouvel élément de langage chez l’homme fort de la Russie, qui avait déjà vanté vendredi les succès des séparatistes prorusses dans un message destiné «  aux insurgés de Novorossia », la Nouvelle Russie, mot qu’il a utilisé après l’annexion de la Crimée en mars pour désigner plusieurs régions russophones de l’est et du sud de l’Ukraine.

Peu après la diffusion des propos de Vladimir Poutine, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné que le président n’avait jamais évoqué la création d’un État indépendant pour les régions du sud-est du pays. Il s’agit «  d’une interprétation absolument fausse », a-t-il estimé, tout en ajoutant que l’Ukraine devait «  prendre en compte les intérêts de la Novorossia ».

Jusqu’à présent, la Russie prônait une «  fédéralisation » pour les régions séparatistes orientales de Donetsk et de Lougansk.

« Invasion russe directe »

Vladimir Poutine, dont l’interview avait été enregistrée vendredi, n’a pas évoqué la question de la menace de sanctions accrues contre Moscou brandie dans la nuit de samedi à dimanche par les Occidentaux. La Russie dément les accusations occidentales selon lesquelles elle aurait déployé ses forces armées en territoire ukrainien.

Dans ce contexte, l’Ukraine a demandé de « l’aide » et a relancé son projet d’adhésion à l’Otan dont elle attend «  des décisions cruciales » au sommet de l’Alliance au Royaume-Uni les 4 et 5 septembre. Le président ukrainien Petro Porochenko doit rencontrer son homologue américain Barack Obama en marge de ce sommet avant d’être reçu le 18 septembre à la Maison Blanche.

Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, le démocrate Robert Menendez, a estimé dimanche que les États-Unis et l’Otan devraient fournir des armes à l’Ukraine.