Apprendre les maths de façon « inversée »

Pour les plus petits dans l’enseignement fondamental, la rentrée scolaire telle que vécue ce lundi a eu son lot d’appréhensions, de nouveautés, parfois de pleurs. Pour les ados aussi, l’inattendu peut faire partie de ce début de nouvelle année académique. Car certaines écoles ont décidé de sortir des sentiers battus en adoptant de nouvelles formules pédagogiques qui peuvent être très différentes des anciennes. L’institut de la Providence de Champion (Namur) et Saint-Joseph à Ciney ont ainsi adopté une méthode qui, espèrent les deux établissements, permettra de réduire le nombre des échecs en mathématiques. En tout, près de 200 élèves de deuxième et troisième années secondaires vont apprendre les maths « inversées ».

« Durant l’année académique passée, nous avions tenté une expérience pilote auprès de deux classes, explique-t-on à la Providence. Elle était portée par deux professeurs, Valérie Beguin de notre établissement, et Luc Viatour à Ciney. Les premières expériences de pédagogie inversée sont nées à Harvard dans les années 1990. Celui qui a réellement développé le concept est un mathématicien américain, Salman Kahn, qui a publié des vidéos sur YouTube pour aider des enfants de sa famille. Ces vidéos ont été consultées par un grand nombre d’internautes. En 2010, la Fondation Bill Gates et Google lui ont offert 3,5 millions de dollars pour fonder la Kahn Academy. »

Pourquoi parle-t-on de méthodes inversées ? Parce que les élèves reçoivent les cours sous forme de ressources en ligne, généralement des vidéos (des cédéroms sont fournis à ceux qui n’ont pas accès à internet à la maison), qu’ils vont pouvoir regarder chez eux à la place des devoirs. Ainsi, ce qui est fait en classe dans une méthode traditionnelle est ici réalisé à la maison, et vice versa. Le temps libéré en classe est aussi mis à profit pour organiser des activités ou des projets de groupes. En fait, pour les pédagogues, on passe d’un modèle centré sur le professeur à un autre qui est, lui, centré sur l’élève. Ce qui n’empêchera pas le travail à la maison. Evidemment…