La Suisse se prémunit contre le risque de tsunami dans ses lacs

Au bord du lac suisse des Quatre-cantons, le risque de tsunami est pris au sérieux par les autorités de Nidwald. Pour chaque scénario de tremblement de terre ou d’éboulement, des cartes simulant le risque d’inondation vont être créées et des plans d’évacuation vont être élaborés. Des nouvelles normes de construction seraient également à l’étude.

Cette première reconnaissance officielle d’une menace de tsunami dans les Alpes fait suite aux travaux de Pr Katrina Kremer, publiés en 2012 dans la revue Nature Geoscience. Elle y apportait la preuve qu’un tsunami majeur avait ravagé le lac Léman en l’an 563.

Lors d’une conférence scientifique internationale qui vient de se tenir à Genève, l’équipe du Pr Kermer a dévoilé de nouveaux résultats issus de carottages prélevés dans le fond du lac Léman. Au cours des 4000 dernières années, il aurait connu pas moins de cinq tsunamis, dont un particulièrement dévastateur, il y a de ça 3400 ans. Les scientifiques ont évalué à 6 mètres, la hauteur de la vague meurtrière.

Précédemment, des recherches menées par Pr Flavio Anselmetti, géologue à l’Université de Berne, suggéraient l’existence d’un tsunami accompagné d’une vague de 5 mètres de haut en 1601, dans le lac Léman.

Les lacs alpins italiens ne sont pas en reste. Déjà en 2008, des chercheurs évoquaient un tsunami survenu dans le lac de Côme au VIe et au XIIe siècle. Du côté français, le lac du Bourget en aurait connu un en 1822.

On associe facilement tsunamis et océans. Toutefois, un séisme de forte magnitude dans un lac peut également y créer des vagues gigantesques. « Lors d’un tremblement de terre, il peut y avoir un glissement dans le fond sous-marin, provoquant un tsunami. A la petite échelle d’un lac (par rapport à l’océan ouvert, ndlr), la vague formée peut conduire à une catastrophe en passant au-dessus des villes et des villages situés au bord du lac, à la même altitude que ce dernier. Ainsi, la ville suisse de Lucerne n’est pas à l’abri d’un tsunami lacustre », explique Dr Thierry Camelbeek, chef de la section sismologique à l’Observatoire royal de Belgique. Un tremblement de terre de magnitude 6 s’y produirait tous les millénaires.

En Belgique, les conséquences directes des séismes sont plus à craindre que les tsunamis

Quel est le risque de survenue d’un tsunami dans nos lacs ? Le spécialiste belge répond qu’«  On ne peut pas dire qu’il n’y a aucun risque, mais en tout cas il est minime. Les lacs d’Eupen, de Robertville et de La Gileppe sont situés sur des plateaux. Hormis l’existence de quelques petites collines, ils sont entourés d’une topographie presque plane. De plus, la constitution des fonds ardennais en roche dure est bien plus résistante que les fortes pentes lacustres suisses composées de sédiments. »

Et de conclure, qu’en Belgique, bien plus que les conséquences liées à un tsunami lacustre, ce sont celles liées directement au tremblement de terre qui sont les plus à craindre.