Beliris enterre le projet de piétonnier du rond-point Schuman

Un concours d’architecte et quatre années écoulées pour finalement laisser tomber le projet de réaménagement du rond-point Schuman. Beliris a notifié à l’architecte Xaveer de Geyter que le projet ne se ferait plus vu que la Région bruxelloise ne dispose pas des fonds nécessaires pour rénover et faire la jonction entre les tunnels Belliard, Loi, Reyers et le Cortenbergh. Le geste architectural fort ne verra pas le jour.

Le réaménagement de Schuman est en fait composé de trois dossiers. Le premier, qui est en cours depuis 2008, concerne la gare multimodale. De ce côté, le chantier suit son cours. Le tout devrait être terminé pour la fin 2015.

Le second dossier porte sur le prolongement du tunnel qui vient de la E40 et sort actuellement à la hauteur de l’Ecole militaire. Il doit être prolongé de 200m pour que les automobilistes ressortent rue de la Loi. Cela devait permettre de supprimer la circulation du rond-point à l’exception des bus et des taxis. Un accord politique acquis, Beliris avait réservé un budget de 37 millions d’euros.

Seulement, le permis d’urbanisme n’a toujours pas été délivré et la Région bruxelloise a demandé que les tunnels Belliard et Loi soient reliés au Cortenbergh tout en étant rénovés de manière à répondre à la norme européenne de 2004. Seule la réalisation de ces travaux permettrait de créer un piétonnier où passeraient tout de même les taxis et les bus sur le rond-point Schuman.

Or, cette partie doit être financée par la Région qui n’en a pas les moyens. Quant aux 37 millions d’euros prévus à la base par Beliris, ils ont été affectés à d’autres dossiers vu les délais. « Nous avons jugé plus opportun de nous en servir pour des réalisations concrètes, précise-t-on du côté de Beliris. Ils ont été affectés en partie à la rénovation de la station Arts-Loi et à l’achat de trams. »

Du côté de la Région bruxelloise, le cabinet du ministre de la Mobilité, Pascal Smet (SPA) souhaite examiner le dossier avant de se prononcer. En collaboration avec le ministre-président Rudi Vervoort (PS), ils doivent étudier les différentes possibilités pour ne pas avoir à recommencer toutes les procédures administratives et sans que cela ne plombe les finances régionales.

Par ricochet, le troisième dossier du réaménagement en surface du rond-point Schuman tombe à l’eau. Deux raisons principales à cela : la non-réalisation des travaux dans les tunnels et l’absence d’entente entre le cabinet de l’architecte Xaveer de Geyter et Beliris.

Lorsque le cabinet remporte l’appel d’offres en 2011, il décide d’augmenter ses honoraires vu les difficultés. Cependant, dans le cas d’une procédure négociée, les prix ne peuvent augmenter que selon une fourchette restreinte. Si elle est dépassée, l’appel d’offres est caduc.

Beliris et l’architecte se sont échangés de nombreux courriers lors de cette négociation mais en juin dernier, Beliris a fini par y mettre un terme. « Nous ne respections plus la législation, confirme Beliris. Nous avons préféré annuler l’appel d’offres pour en faire un nouveau qui a été remporté par Arcadis. »

Ce bureau, en collaboration avec Bruxelles-Mobilité, sera chargé de modifier l’emplacement de la zone de taxis, d’améliorer le transfert des utilisateurs des transports en commun, le mobilier urbain et l’éclairage public durant l’été 2015. Le piétonnier et la structure centrale sont donc ensevelis sous les décombres des tunnels.

« Ce projet nous tenait à cœur, explique-t-on au cabinet de Xaveer de Geyter. Nous avons investi dans ce dossier entièrement à perte d’autant plus que Beliris ne nous accordera aucune compensation financière. »

Les associations de quartier attendent de recevoir des informations plus précises mais l’abandon du projet phare ne les réjouit pas. « Ils ne peuvent pas laisser le centre de ce rond-point ainsi sans mieux gérer la circulation de transit, s’emporte Alain Dewez, président du GAQ. C’est lamentable ! »