Cinq ans d’architecture en expo

Pendant cinq années, il fut le premier maître architecte de la capitale de l’Europe. Olivier Bastin a tenté de relever le défi en mettant en place les bases de la fonction. Un exercice plus difficile que prévu mais qui lui a permis d’instaurer un dialogue entre les pouvoirs publics, principalement les communes, et les promoteurs privés. Plusieurs projets d’envergure sont passés entre ses mains, de quoi en faire une exposition.

C’est dans l’ancienne salle des guichets du siège social de BNP Paribas Fortis, rue Ravenstein, qu’Olivier Bastin a installé ses maquettes et documents de travail des cinq dernières années. Une manière pour lui de communiquer sur 18 projets qui lui tiennent particulièrement à cœur. « La communication n’a pas toujours été facile pendant mon mandat car nous travaillions sur des projets en négociation, se justifie le maître architecte. J’ai dû également batailler pour être reconnu des autres architectes mais surtout de l’administration bruxelloise. Par exemple, je devais disposer d’une équipe de 10 personnes. Or, les engagements ne se sont jamais faits. »

En dehors de ses relations complexes avec la Région et ses organes, Olivier Bastin a privilégié le dialogue comme dans le dossier de la reconstruction d’un nouveau siège pour la banque BNP Paribas Fortis. Son bâtiment de la rue Ravenstein n’est plus adapté et la banque souhaite rassembler tous ses employés sous un même toit. Pour ne pas risquer de voir son projet rejeté par la Région, elle a fait appel au maître architecte dès le début du processus.

« Le premier projet ne s’intégrait pas totalement dans le paysage, explique Olivier Bastin. La présence du Bozar de Horta était une contrainte mais à force de dialogue, nous sommes arrivés à un compromis qui permet à BNP de mettre 4.500 travailleurs au lieu des 1.900 actuellement. » L’enquête publique pour le cahier des charges de l’étude d’incidences est en cours et le bâtiment devrait être inauguré en 2021.

Dans cette exposition, l’architecte a repris quelques projets sur lesquels il a été sollicité. « En tout, nous avons travaillé sur 180 dossiers mais tous n’ont pas abouti. C’est le cas notamment du rond-point Schuman. Nous avions mis tant d’énergie dans le projet pour lancer les procédures, le concours international d’architecture. Le projet de Xaveer de Geyter était le meilleur et finalement, tout est annulé car on ne trouve pas les fonds. Mon pied que j’avais mis dans la porte n’a pas été complètement écrasé mais presque. C’est un échec pour moi et cela me rappelle les années de débats pour la place Flagey. Débats qui ont été à la base de la création du poste de maître architecte. On ne peut pas dire qu’on apprend de ses erreurs. »

En plus des maquettes, l’exposition présente les témoignages de plusieurs Bruxellois, architectes, urbanistes ou bourgmestres avec qui il a directement travaillé. En même temps, Ward Verbakel et Joeri De Bruyn, les deux curateurs de l’exposition, lui ont demandé de prendre des objets de son quotidien et d’expliquer sa vision du rôle de maître architecte. A chaque image, il s’interroge sur l’utilité de la fonction si les relations ne s’améliorent pas avec la Région.

« Je souhaite du courage à mon successeur mais la fonction est passionnante. » Six candidats ont déjà postulé. Le ministre-président, Rudi Vervoort (PS), devrait trancher idéalement avant la fin du mandat d’Olivier Bastin, soit fin novembre.

Exposition jusqu’au 25 septembre, 29 rue Ravenstein, 1000 Bruxelles

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