« CHB: un gabarit autoroutier »

Entretien

L’humaniste hennuyer Carlo Di Antonio succède à l’écologiste liégeois Philippe Henry au poste de ministre de la Mobilité. Le ministre CDH détaille ses priorités à l’occasion de la semaine de la Mobilité qui démarre ce lundi en Wallonie. Si le tram est un projet bien engagé, Carlo Di Antonio est attendu au tournant pour une série d’autres dossiers liégeois. L’adoption du Plan urbain de Mobilité mis au frigo lors de la précédente législature, la liaison CHB ou encore la réorganisation du réseau de bus urbain en fonction de la nouvelle épine dorsale que constituera le tram.

Une des priorités du CDH est la mise en place d’un ambitieux réseau wallon de covoiturage. Comment allez-vous articuler cela avec le plan imaginé par la Province de Liège ?

Si des parkings de covoiturage existent déjà, on va les intégrer dans le plan. Ce qui compte c’est de viser un dispositif général qui incite les gens à modifier leurs comportements en partageant leur voiture pour entrer dans les villes et ainsi réduire les embouteillages.

La mise en service du tram est attendue pour 2018. D’ici là, le TEC Liège-Verviers doit réorganiser le réseau de bus. Le budget d’exploitation du tram est-il hors enveloppe ?

Non, il est prévu que le TEC Liège-Verviers exploite le tram et le réseau de bus avec l’enveloppe actuelle. Est-ce que c’est réaliste ? Des scénarios évoquent une hausse de fréquentation avec le tram. Dans ce cas, cela ferait plus de recettes pour le TEC Liège Verviers. Nous devons encore étudier la trajectoire budgétaire de près pour être certain que cela peut se faire à budget constant, ce qui semble avoir été négocié par Philippe Henry à l’époque même si ce n’est pas très clair…

L’adoption du Plan urbain de mobilité liégeois (PUM) est restée en rade la précédente législature suite aux divergences sur le statut de la liaison CHB. Quelle est votre position ?

Nous allons repasser le Plan urbain de mobilité au gouvernement avec une route Cerexhe-Heuseux-Beaufays de gabarit autoroutier et non plus une simple route régionale (NDLR : la version Henry). Cela ne veut pas dire qu’elle sera réalisée demain car c’est beaucoup d’argent. Mais mon message est clair : il faut réinscrire la route au gabarit qui est le sien soit l’autoroute. Ensuite dans la mise en œuvre, c’est le ministre des travaux publics Maxime Prévot qui verra, en fonction des budgets disponibles, à quel moment elle pourra être réalisée. Je veux être clair sur le timing : ce n’est pas pour maintenant, on n’a pas l’argent pour le faire.

La zone de réservation est donc maintenue ?

Oui même si l’investissement n’est pas prévu pour cette législature. Tout le centre de Liège gagnerait à la réalisation de cette autoroute et j’y vois même un bénéfice environnemental : des voitures qui roulent sur deux fois deux bandes efficaces cela pollue moins que des voitures à l’arrêt, à l’entrée de la ville ou qui font des kilomètres supplémentaires.

L’offre ne crée-t-elle pas la demande ?

Aujourd’hui, le défi est tel en matière de mobilité que basculer quelques pourcents de la voiture vers d’autres modes de transport est déjà un enjeu considérable. Je ne vois pas comment on va dire que, raisonnablement, à terme de vingt ans, il va y avoir moins de voitures. En attendant, l’adoption du PUM permet de lancer une série d’investissements comme les parkings relais et la réorganisation de la mobilité autour du tram. J’espère bien que tout cela sera inauguré fin 2017, début 2018.

Le PUM envisage également la réalisation d’une deuxième ligne (la Transurbaine), sans compter le prolongement de la première ligne vers Herstal et Jemeppe. Sont-ce des réalisations prioritaires par rapport à la liaison CHB ?

Ce sont des beaux projets. À choisir, oui. Si on retrouve du budget… Je pense qu’il vaut mieux d’abord compléter la ligne du tram que de faire CHB. C’est plus cohérent. Ceci dit, c’est difficile de hiérarchiser deux projets si différents.

Quels sont les autres dossiers prioritaires au niveau liégeois ?

Améliorer la desserte du Trilogiport, avec l’objectif de respecter les engagements vis-à-vis des riverains et lancer, comme l’avait suggéré la députée Véronica Cremasco, le développement du chemin de fer en relation avec la voie d’eau. Ensuite, accompagner le développement avec, pourquoi pas, un accès via Chertal.