Manuel Valls défend l’intervention en Irak: «La sécurité de la France est en jeu comme jamais»

Le premier ministre s’exprime devant le Parlement dans un climat tendu après l’enlèvement d’un Français en Algérie.

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Manuel Valls défend ce mercredi devant le Parlement l’engagement militaire de la France en Irak. Son intervention survient après l’enlèvement d’un touriste français en Algérie que les jihadistes menacent de tuer si Paris ne cesse pas ses frappes aériennes.

«  Ce n’est pas notre intervention qui nous expose au terrorisme », a répliqué le Premier ministre devant les députés, jugeant que «  la sécurité nationale est en jeu », «  comme jamais » au cours des dernières années.

L’organisation État islamique (EI), visée par les frappes de la coalition occidentalo-arabe, est «  un rassemblement d’assassins, pour qui la vie humaine est sans valeur » et une «  insulte » à l’Islam, a-t-il plaidé devant les députés.

«  Nous ne faillirons pas, nous ne tremblerons pas. Face à la menace, face au chantage, la France ne cède pas », a lancé M. Valls.

Ce combat sera «  de longue haleine », a prévenu le Premier ministre : la France, qui doit mener de nouvelles attaques aériennes dans les prochains jours, frappera «  jusqu’à ce que l’armée irakienne ait retrouvé la supériorité » sur le groupe EI, que les autorités françaises ne désignent plus que par l’acronyme « Daesh ».

Le gouvernement français « déterminé »

Dès l’annonce de l’enlèvement du Français dimanche, le gouvernement a réaffirmé sa détermination à lutter contre les jihadistes en Irak et leurs alliés. «  Aucune discussion, aucune négociation », a résumé mardi le Premier ministre. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé pour sa part de nouvelles frappes «  dans les jours qui viennent ». «  Cette affaire va être longue », a insisté mercredi matin M. Le Drian, qui lira pour sa part la déclaration du gouvernement devant le Sénat.

«  Je pense que dans ces moments, la France a trois tâches : d’abord agir, s’engager, c’est ce que nous faisons. Ensuite, d’être dans l’unité. Au-delà des passions politiques, lorsque la sécurité du pays est en jeu, il importe que nous soyons unis. Troisièmement, maîtriser la gestion militaire, ne pas faire n’importe quoi, être très vigilants et c’est ce que nous faisons », a-t-il résumé.

Députés et sénateurs devraient réaffirmer leur soutien au gouvernement

L’incertitude sur le sort du nouvel otage et les menaces de l’EI, qui a appelé à tuer des Français et des Américains, ont dramatisé un débat qui s’annonçait de pure forme. La quasi-totalité des partis politiques a en effet déjà approuvé la décision du président François Hollande de déclencher des frappes aériennes en Irak.

À l’issue de l’intervention du Premier ministre devant l’Assemblée, députés et sénateurs devraient donc réaffirmer leur soutien au gouvernement. «  J’attends de l’ensemble de mes collègues un rassemblement de soutien » à l’exécutif « e t bien au-delà, puisqu’il y a une coalition internationale », a plaidé la porte-parole des députés PS, Annick Lepetit.

Très impliqué dans le dossier irakien, François Fillon, qui s’exprimera pour l’UMP, s’est également félicité de la décision de frapper les positions des jihadistes.

1.500 soldats mobilisés pour retrouver l’otage en Algérie

L’opération menée par l’armée algérienne pour tenter de localiser l’otage français enlevé dimanche par un groupe lié à l’organisation État Islamique (EI) mobilise quelque 1.500 soldats en Kabylie (est), a indiqué ce mercredi une source sécuritaire.

Les centaines de soldats déployés dans la région dès la confirmation de l’enlèvement du guide de haute montagne de 55 ans, ont été renforcés par des troupes acheminées mardi dans le parc national du Djurdjura, a précisé cette source.

«  Les soldats ratissent la zone entre Tizi Nkouilal », un carrefour routier au cœur du parc, «  et Aswel », un site prisé des spéléologues, selon cette source. Des troupes d’élite du service de lutte anti-terroriste algérien participent aux recherches dans cette zone montagneuse boisée et escarpée.

Des journaux algériens ont indiqué ce mercredi que le principal ravisseur du touriste français serait un ex-conseiller militaire d’Abdelmalek Droukdel, chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Cet homme, Abdelmalek Gouri, alias Khaled Abou Selmane, a quitté Aqmi et créé en juin Jund al-Khilafa, qui a fait allégeance à l’EI, a précisé le quotidien francophone Liberté.

Ce chef islamiste âgé de 37 ans faisait partie d’une cellule d’Aqmi à l’origine des attentats-suicide contre le palais du gouvernement et un bâtiment de l’ONU en 2007 à Alger. Khaled Abou Selmane serait également derrière l’attaque qui a coûté la vie à 11 soldats en avril à Iboudrarène, dans la même zone où s’est produit l’enlèvement du Français.

Jund al-Khilafa a menacé lundi de tuer son otage si la France ne renonçait pas «  sous 24 heures » à ses frappes aériennes en Irak.

 

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