Les F-16 belges ont achevé leur mission en Afghanistan

Les bombardiers belges quittent le Sud afghan, ils ont mené ce dimanche leur dernière mission. Aucune perte n’est à déplorer. Le retour au pays est attendu pour ce vendredi.

Journaliste au service Culture Temps de lecture: 4 min

Alors que six F-16 belges viennent à peine de se poser samedi en Jordanie pour une nouvelle campagne de bombardements en Irak, six autres F-16 belges ont mis un terme ce dimanche à leur déploiement dans le sud de l’Afghanistan et se préparent à revenir ces prochains jours dans leur base d’attache, Kleine Brogel.

La Composante Air de l’armée belge clôture ainsi la plus longue mission expéditionnaire aérienne jamais menée à bien : l’opération « Guardian Falcon », décidée par le gouvernement Leterme 1er, aura duré plus de 2.200 jours, du 2 septembre 2008 jusqu’à ce dimanche 28 septembre, date de la dernière sortie planifiée. Pour mémoire, au cours des 5 à 6.000 missions menées à bien (il y en a eu 4.000 de septembre 2008 à juillet 2012), aucun avion n’a été perdu ou sérieusement endommagé, et aucun militaire belge n’a été blessé en action, en dépit d’un certain nombre de contacts avec l’ennemi : démonstrations de force, tirs à l’aide de la mitrailleuse de bord et bombardements.

En termes logistiques, c’était un morceau de bravoure : décidé le 25 juillet 2008, l’engagement de la Belgique avait nécessité l’envoi de détachements du Génie afin de préparer l’installation des troupes belges sur le plus grand aéroport Otan au monde, celui de Kandahar (KAF, Kandahar Air Field), d’où est cordonnée la couverture aérienne pour l’ensemble du sud afghan. Un navire avait même été affrété d’Anvers à Karachi (la liaison Karachi-Kandahar étant assurée par voie de terre via le Baloutchistan) pour acheminer le matériel qui n’était transportable ni par moyen porteur Hercules ni par Antonov.

L’armée belge devrait bientôt rendre publics les grands chiffres de cette mission, comme le nombre d’heures de vol, le nombre de frappes et le coût total de l’opération. Pour mémoire, en termes budgétaires, le surcoût net de « Guardian Falcon » avait d’abord été estimé à 14,31 millions d’euros par quadrimestre, puis porté à 21,5 millions par semestre, le gouvernement belge étudiant un engagement initial de six mois. Dans les faits, la mission sera dix fois plus longue. Par ailleurs, sur une période aussi longue, les coûts ont évolué. Comme on le sait, le récent déploiement en Jordanie d’une configuration identique (6 bombardiers F-16, 120 hommes) est désormais évalué à 23 millions d’euros par trimestre.

Pour l’Etat belge, le retour dès maintenant des six F-16 belges de Kandahar représente certainement une économie substantielle. Mais pourquoi les bombardiers belges rentrent-ils au pays dès le début octobre, alors que leur mission s’inscrit dans une Force internationale d’assistance et de sécurité (Fias) qui ne s’achève qu’au 31 décembre ? Si les missions aériennes programmées se sont toujours succédé à un rythme soutenu, ces derniers mois et semaines n’avaient plus guère vu d’usage effectif des systèmes d’armes ou même d’interventions dictées par l’urgence. Le ciel afghan est devenu calme.

Par ailleurs, le désengagement belge est progressif, et le 31 décembre est une date ultime : début août déjà, l’armée belge avait rappelé au pays ses quatre militaires affectés par rotation à la mission dite « AAT », Air Advisory Team, déployée elle aussi sur l’aéroport de Kandahar. Il s’agissait là d’une mission bien moins médiatisée, visant à apprendre aux pilotes afghans à utiliser des hélicoptères MI-17 de conception russe.

En termes de règles d’engagement, la mission afghane qui s’est achevée ce dimanche ne peut être totalement comparée à celle qui débute en Jordanie. En Afghanistan, les F-16 ne devaient aller au feu qu’en « appui aérien aux troupes de la Fias se trouvant en situation d’urgence » . Ce qui signifie : « si des troupes de la Fias se trouvent en danger de mort ». Ceci n’excluait pas des frappes préventives visant à éliminer une menace mortelle imminente, par exemple un regroupement connu de troupes talibanes ou, dans certains cas extrêmes (à nouveau, en cas de danger mortel), un appui aux forces américaines de l’opération Liberté Immuable. Dans le cas de la Jordanie, il s’agit de participer d’emblée à des frappes, que ce soit par bombardement ou par relais de renseignement électronique. Une intervention plus proche de l’intervention libyenne de 2011.

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