Décret inscriptions: «Il faut arrêter de se voiler la face», selon le MR

Le décret inscriptions est un échec, selon un rapport révélé par Le Soir. De l’eau au moulin de Françoise Bertieaux (MR, opposition), qui plaide pour son abrogation.

Temps de lecture: 3 min

Le décret inscription s’appliquera pour la 6e fois l’an prochain, et c’est à une première évaluation que travaille actuellement la Commission de pilotage de l’enseignement. Le Soir a pu consulter le rapport préliminaire. Un grand enseignement : l’objectif de mixité sociale n’est pas atteint.

>> Lire : Mixité sociale à l’école : l’échec

Françoise Bertieaux est cheffe de groupe MR au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2004. Elle se bat contre le décret inscriptions depuis sa mise sur pied, en 2007.

Le décret inscriptions ne favorise pas la mixité sociale. C’est le rapport du comité de pilotage qui le dit. Votre réaction ?

« Ce rapport révèle ce qu’on a toujours dit ! Le critère de la proximité avec l’école ne permet pas d’atteindre l’objectif du décret : dans un quartier où il n’y a pas de mixité, les écoles ne seront pas mixtes ! On enferme les gens dans leur quartier, surtout dans les grandes villes. Le problème vient avant tout de la mixité des quartiers, et cela, c’est une compétence régionale. Il reste 1000 places libres chaque année dans les écoles de Wallonie et de Bruxelles. Mais il s’agit d’écoles qui n’attirent pas les parents. Pourquoi ? Le décret ne répond pas à cette question ! J’ai déposé une interpellation au parlement afin que la ministre Milquet nous informe et nous dise ce qu’elle compte faire. »

Et selon vous, que faut-il faire ?

« Il faut arrêter de se voiler la face ! Il faut identifier les racines des problèmes dans les écoles en difficultés et mettre les moyens adéquats. Je suis allée à New York récemment, j’ai visité des écoles où il y a des problèmes avec les enfants de la communauté hispanique. Ils ont mis en place un renforcement de l’apprentissage de l’anglais pour ces enfants. On est confronté au même problème chez nous. Il faut également réformer la formation initiale des enseignants, notamment en français, parce que s’ils présentent eux-mêmes des lacunes en la matière, comment voulez-vous qu’ils l’enseignent correctement. »

Vous êtes contre la régulation des inscriptions, pourquoi ?

« Je suis pour le respect de la Constitution qui consacre le libre choix des parents. De plus, face à une offre scolaire aussi peu égalitaire en termes de qualité comme on la connaît chez nous, il est difficile de forcer les gens à inscrire leur enfant dans telle ou telle école. Le décret inscriptions est injuste et fait des dégâts importants sur le plan humain. Il faut le supprimer. »

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