La suédoise boucle l’accord de gouvernement, Charles Michel Premier ministre

Charles Michel a annoncé qu’un accord de gouvernement global pour ce qui concerne le budgétaire et le socio-économique avait été trouvé. Il sera présenté ce mercredi. Un accord conclu mardi près de 30 heures de négociations très serrées.

Charles Michel Premier ministre

Les quatre partis autour de la table ont demandé à Charles Michel de devenir Premier ministre du nouveau gouvernement N-VA/CD&V/VLD/MR. Il prêtera serment lundi. Le gouvernement Michel Ier sera officiellement constitué dans la foulée, lors de la rentrée parlementaire de mardi.

« Je peux vous confirmer que l’ensemble des partenaires acceptent que j’exerce la fonction de Premier ministre », a souligné Charles Michel à la sortie de la réunion des négociateurs, ajoutant : « Je prendrai mes responsabilités. La prestation de serment du futur gouvernement se déroulera en début de semaine prochaine. »

Le futur Premier ministre n’a pas caché sa satisfaction, au terme de l’accord global noué mardi soir : « Oui, nous sommes restés déterminés » a-t-il notamment souligné pour expliquer comment les négociateurs étaient parvenus à rester concentrés pendant ces très longues heures de discussions : « Il fallait pouvoir prendre des décisions. Mercredi matin, nous effectuerons une dernière relecture des textes. Nous avons réalisé un travail colossal. Nous livrerons les détails précis de l’accord dans quelques jours mais je peux déjà vous affirmer qu’y figureront une série de mesures fortes et positives pour tous les citoyens. »

Charles Michel a justifié et motivé notamment la réforme des pensions et, en son sein, le recul à 67 ans de l’âge de départ à la retraite. Il a parlé de réforme nécessaire, se référant à la commission d’experts menée par Franck Vandenbroucke et à son rapport rendu public bien avant les dernières élections. Charles Michel parle pour autant d’un gouvernement de «  centre-droit », refusant qu’on le positionne à droite, comme on ne cesse de le faire dans l’opposition, tout spécialement au PS qui cible un gouvernement d’« ultra-droite ».

Charles Michel parle d’un gouvernement qui « viendra en aide aux familles, renforcera la compétitivité des entreprises et entreprendra les réformes qui s’imposent ». Il appelle à un «  partenariat avec tous les acteurs sociaux qui le souhaiteront, tous ceux qui voudront prendre eux aussi leurs responsabilités ». Un message adressé tout spécialement, on l’imagine, aux organisations syndicales qui sont sur le pied de guerre.

De Wever « très satisfait »

En soirée, Bart de Wever nous expliquait qu’il était « très satisfait » de l’accord budgétaire intervenu, notamment parce qu’il ouvre à un allégement de la fiscalité et à un renforcement de la compétitivité des entreprises.

>> Les réactions de la majorité

Pensions, emploi : les premiers éléments connus de l’accord

D’autant, pointent les mêmes, que certaines pistes en matière de fiscalité divisent : le CD&V veut une taxation sur le patrimoine, le VLD et la N-VA n’en veulent pas. Un indice tout de même : on a toujours évoqué, ces derniers jours, l’idée d’un donnant donnant : le CD&V accepterait le saut d’index social, à condition d’avoir la garantie que le patrimoine contribuerait, d’une manière ou d’une autre, à l’effort budgétaire. Or, le saut d’index « intelligent » fait bel et bien partie des mesures qui ont fait consensus dans le chapitre Emploi (lire ci-dessous).

En attendant, des pans majeurs de l’accord suédois ont filtré pendant la journée. Dont cette véritable révolution en matière de pensions. L’âge de la retraite passera à 66 ans en 2025, 67 ans en 2030. Les retraites anticipées ne seront possibles qu’à partir de 63 ans. Un régime transitoire a été négocié : les travailleurs qui ont 58 ans en 2016 pourront prendre leur retraite en 2018, et ceux qui ont 59 ans en 2016, en 2017.

>> Les détails de l’accord sur les pensions

Les négociateurs ont également bouclé le chapitre sur l’Emploi. Il prévoit, on l’a dit, un saut d’index « intelligent » (avec corrections sociales) mais aussi le maintien de l’indexation automatique des salaires. En matière de chômage, pas de limitation des allocations dans le temps, ni de renforcement de la dégressivité. Mais bien un service à la communauté « encadré ». Pas question non plus de salaire minimum pour les jeunes.

>> Les détails de l’accord sur l’emploi