Comment se nourrira-t-on en 2050 ?

La journée mondiale de l’alimentation a lieu ce jeudi. Selon les estimations les plus récentes de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 868 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim, soit l’équivalent de 78 fois la population belge. Paradoxalement, 1,4 milliard de personnes sont en excès pondéral, dont 500 millions d’obèses. « Il y a quelque chose dans notre système agroalimentaire mondialisé qui ne tourne pas rond », commente Virginie Pissoort, responsable de la campagne pour la souveraineté alimentaire chez SOS faim. D’ici 2050, certains modèles prédisent qu’il faudra doubler la production actuelle de nourriture afin d’alimenter 9 milliards d’humains. Or la surface cultivable et les ressources sont limitées. C’est pourquoi la FOA encourage à relocaliser la production alimentaire. Pour y parvenir, un axe est privilégié : l’innovation. Des entrepreneurs belges usent déjà de créativité pour proposer des initiatives visant à une alimentation durable, locale et saine. Le Forum des Alternatives, organisé en marge du festival de films AlimenTerre, en a mis certains en valeur.

Un champ maraîcher en « auto-cueillette »

Depuis quelques mois, les maraîchers du Chant des cailles proposent un concept inédit à Bruxelles : des légumes à récolter soi-même. Sur une superficie de 35 ares, ils cultivent 50 variétés de fruits et légumes permettant de nourrir, entre juin et novembre, leurs 80 membres abonnés. Panier, bottes en caoutchouc, pelle et gants de jardinage leur sont nécessaires pour prélever les aliments désirés. « Notre champ, c’est comme si c’était leur grand jardin. La plupart d’entre eux habitent le quartier. Ils viennent à pied ou en vélo. Le principe est la cueillette fraîche sur le champ pour consommation personnelle. Donc pas question de faire des provisions pour des conserves. Chacun prélève ce qu’il veut pour s’alimenter au quotidien. Pour les maraîchers, ne pas collecter les fruits et légumes permet d’économiser du temps et d’éviter l’achat d’une camionnette et de frigos », explique Pauline Denissel, l’une des 6 chevilles ouvrières de ce projet. Faut-il jouer au gendarme pour éviter les abus ? « C’est plutôt l’inverse. Certains craignent de priver les autres en prenant trop de légumes. L’autorégulation est de mise. » Originaire de Flandre, ce concept y fait un tabac. Le jeune projet bruxellois suscite également l’engouement. Il y a d’ores et déjà 150 personnes sur la liste d’attente pour l’année prochaine.

Les paillasses de laboratoire, berceaux de l’innovation alimentaire

Comme alternatives à la nourriture traditionnelle, les insectes intégreront bientôt les cuisines des citoyens. Des scientifiques étudient aussi des modes de production novateurs. Par exemple, l’agriculture se fera urbaine et des légumes seront produits en symbiose avec l’élevage de poissons. À moins qu’à côté de la télévision, dans un bac d’hydroponie, ne poussent en silence de belles laitues pommées...