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Banques: plus de stress, vraiment?

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 3 min

Cinq ans après la crise financière, le secteur bancaire européen aurait enfin été examiné sous toutes les coutures. Il était grand temps.

Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale avait, dès mai 2009, testé la « résistance » des plus grandes banques. Sans concession. Dix des 19 institutions concernées avaient alors été forcées de lever de l’argent frais.

De ce côté-ci de l’Atlantique, les stress tests de l’Autorité bancaire européenne (EBA) avaient tourné à la farce.

En 2010, deux banques irlandaises avaient passé l’examen avec succès… avant d’être renflouées par l’Etat quelques mois plus tard. Rebelote en 2011, avec le groupe Dexia, jugé bon pour le service au printemps, mais sauvé une deuxième fois par les pouvoirs publics et mis en liquidation à l’automne.

Cette fois, la BCE insiste sur la sévérité de l’examen. Certes, au final, seules neuf banques devront présenter d’ici une dizaine de jours des plans de recapitalisation (et pour un montant global relativement réduit). Car sur les 25 institutions épinglées, 12 ont déjà pris les mesures nécessaires.

Pour la BCE, voilà qui témoigne du succès de l’opération, qui a eu le mérite de forcer une série d’institutions à renforcer préventivement leur base de capital. L’argument est recevable. Et les contribuables belges peuvent se réjouir de ne pas devoir une nouvelle fois passer à la caisse pour Dexia.

On notera aussi que l’examen des actifs bancaires n’a pas révélé trop de « cadavres dans les placards ». La BCE n’a mis au jour que quelque 136 milliards d’euros d’actifs à risques – ce qui porte le montant total de ces actifs détenus par les banques de la zone euro à 879 milliards d’euros.

On ne s’étonnera donc pas que tout le monde soit ravi, de Bruxelles à Athènes, de Francfort à Madrid. Il est vrai que l’Europe a vraiment de bonnes nouvelles.

Mais il ne faut pas se leurrer sur les limites de ces tests de résistance. Le secteur bancaire est capable de résister à une nouvelle récession. Mais la BCE n’a pas évalué l’impact d’une déflation, répétant qu’elle ne croit pas à ce scénario. D’autres observateurs sont plus pessimistes.

Et surtout, il ne faudrait pas croire que les problèmes de la zone euro sont désormais réglés, ou en passe de l’être. Et notamment que le crédit bancaire va comme par miracle reprendre et doper ainsi l’économie. Peut-être les banques seront-elles un peu plus prêteuses, encouragées également par les nouvelles mesures de politiques monétaires annoncées en juin et en septembre par la BCE. Mais cela ne changera pas grand-chose : car ce qui freine aujourd’hui la zone euro, c’est le manque de demande et, partant, d’opportunités d’investissements.

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