Le Port urbain accostera en fin d’année

Il y a une dizaine de jours, la revue électronique Brusselsstudies faisait le point sur un des pans les plus méconnus de la mobilité : le transport de marchandises. Un secteur qui représenterait, selon les comptages effectués par Bruxelles-Mobilité, près de 14 % du trafic dans et autour de la capitale. Un poids lourd donc qui, selon les prévisions des chercheurs, est encore appelé à augmenter dans une ville en plein boom démographique.

Outre les bouchons causés par ces camions et surtout les camionnettes, dont la part est en pleine croissance dans une ville aux accents de plus en plus tertiaires, les experts de la revue électronique mettent également en avant l’impact sur la santé. Les émanations issues du transport seraient ainsi responsables de 25 % des émissions de CO2, de 33 % des émissions de particules PM2.5 et jusqu’à 41 % des émissions de PM10 émis par les véhicules automobiles circulant dans la capitale.

Ce constat posé, les spécialistes ont également proposé une série de leviers à activer pour alléger le poids du trafic de marchandises sur la qualité de vie des Bruxellois. Parmi ceux-ci, le recours au rail mais aussi et surtout à la voie fluviale.

En première ligne, le Port de Bruxelles avec ses 12 km de quais et ses 14 km de voie navigable pour un domaine de près de 85 hectares. Son directeur général adjoint, Philippe Matthis, se dit plus que sensible à la question et passe en revue les nombreux plans, présents ou à venir, destinés à décharger les routes de nombreux camions et camionnettes. En démarrant avec Citydépôt, un projet pilote qui vise à approvisionner les commerces au départ d’un centre de distribution installé sur un terrain appartenant au Port. « C’est la première fois que l’on fait cela à Bruxelles, et ce dans le cadre d’une nouvelle mission que nous nous sommes assignée : devenir un facilitateur logistique. La première concrétisation est donc celle-ci et nous en sommes très fiers car il s’agit d’une nouvelle donne pour l’avenir. » A terme, annonce Philippe Matthis, deux autres sites seront dédiés à cette activité : à Schaerbeek-Formation et, au sud, du côté d’Anderlecht. « La distribution urbaine ne doit pas uniquement s’envisager avec les camions, mais aussi avec la voie d’eau et c’est ce qui est programmé du côté d’Anderlecht où sont en cours des travaux d’aménagement pour un futur CTU, un centre de transbordement urbain qui permettrait à des bateaux de décharger leurs marchandises sur une plateforme de 4.000 m2 située au quai de Biestebroeck. Elle sera opérationnelle au début de l’année prochaine. » Le tout financé pour moitié par l’Europe. « Qui nous subventionne car il s’agit d’un projet innovant pour le transport de marchandises en ville. Le Port de Paris, qui est notre partenaire au sein du réseau européen, fait exactement la même chose avec, là aussi, une plateforme de 4.000 m2 située, tenez-vous bien, aux pieds de la tour Eiffel ! »