Gain de cause pour le fitness «Ladies only»

La cour d’appel de Liège a réformé ce mardi une ordonnance de janvier dernier : réserver une salle de fitness aux femmes seulement n’est, tranche son arrêt, pas discriminatoire.

Le 1er septembre 2013, le club de fitness « HealthCity », établi à Liège dans le quartier des Guillemins, devenait le 1er club de fitness de Wallonie à n’être réservé qu’aux femmes. L’idée était, avait expliqué la multinationale hollandaise, propriétaire du club, de répondre à une demande formulée par des femmes et d’augmenter la rentabilité des lieux.

Un client masculin s’estimait lésé

Un des clients masculins de la salle, qui la fréquentait depuis 10 ans, s’était estimé lésé. Il avait introduit une action devant le tribunal des référés de Liège et avait, en janvier dernier, obtenu gain de cause : le président du tribunal de 1ère instance avait estimé qu’il s’agissait bien de discrimination et avait laissé 30 jours à la société pour permettre à nouveau l’accès aux hommes sous peine d’une astreinte de 1.000 euros par jour. Elle était également condamnée à verser 1.300 euros au client-plaignant, mais elle avait interjeté appel.

Pour la Cour d’appel : pas de discrimination

Dans son arrêt prononcé ce mardi, la cour d’appel estime quant à elle qu’il n’y a pas discrimination, notamment en raison du fait… que les hommes et les femmes n’ont pas la même morphologie. Il y a discrimination quand on traite différemment des personnes qui sont dans une situation identique or, si l’on suit le raisonnement de la cour d’appel, un homme et une femme ne sont pas dans une situation identique dans une salle de fitness. Le club de gym avait pu prouver, documents de déménagement à l’appui, qu’il avait acquis des appareils de musculation mieux adaptés à la gente féminine.

Le client qui aimait s’entraîner là – et qui devra payer 2.850 euros de frais de justice – s’était vu proposer, a souligné la cour d’appel, de s’entraîner dans une salle appartenant à la même société, située non loin et même moins chère. «  Cet arrêt valide le fait qu’un opérateur économique décide de discriminer pour atteindre un public cible, et estime que ce n’est pas grave de discriminer si quelque chose est donné à la personne discriminée… », regrette Me Jacques, conseil du client masculin, qui craint que cette conception des choses ne fasse son chemin.