La rue de la Casquette sans auto

L’inauguration de nouvelles rues piétonnes n’a rien d’anodin, celles-ci ayant pour ambitions – sous certaines conditions – de restructurer la ville, de rendre cette dernière plus accessible aux plus âgés et aux moins valides, de dynamiser aussi l’horeca et certains commerces de proximité. L’achèvement dans quelques jours du piétonnier rue de la Casquette, à Liège, va dans ce sens : reconditionnée, cette voirie permettra notamment aux usagers du tram de flâner du boulevard de la Sauvenière jusqu’à l’Opéra et la place Saint-Lambert, en frôlant d’une part le nouveau pôle culturel de la place Xavier Neujean, de l’autre le Carré. « Les travaux sont quasiment terminés, nous sommes maintenant – avec la police – occupés à placer les bornes automatiques qui permettront les livraisons », précise le porte-parole de Roland Léonard, échevin liégeois des Travaux. La place Xavier Neujean, elle, devrait être libérée de tout stationnement automobile à la mi-décembre.

D’une longueur de 250 mètres, la rue de la Casquette vient donc compléter le centre piétonnier le plus important de Wallonie avec ses 3 kilomètres de voiries. Un des plus attractifs et des plus fréquentés aussi : « Sur les 1.860 commerces recensés dans le centre-ville liégeois, environ 600 sont situés dans le piétonnier », précise Guénaël Devillet, professeur de géomarketing à l’ULg et coauteur de l’Atlas du commerce en Wallonie. D’autant, reprend cette fois le cabinet de l’échevin des Travaux, que « cette nouvelle voie piétonne ne constitue pas un prolongement du Carré mais plutôt une césure, on y trouvera d’autres commerces et d’autres services  ».

Le piétonnier, remède miracle pour empêcher le déclin des cœurs de ville ? La formule ne se satisfait pas d’un copier-coller, prévient en substance Guénaël Devillet : «  Pour fonctionner, ces cheminements doivent généralement être dans l’hypercentre ou en lisière de celui-ci, ils doivent être proches des parkings aussi et doivent accueillir des commerces de destination.  » Ils ne doivent pas non plus se terminer piteusement en culs-de-sac mais au contraire servir de jonctions entre des îlots fréquentés. « La Ville ne décide pas tout d’un coup de transformer telle rue ou telle place en piétonnier, ce n’est pas comme ça que ça va, renchérit l’échevinat des Travaux. Il faut tenir compte des besoins et des attentes des habitants et des visiteurs, il faut considérer le contexte aussi et la mobilité du quartier. La rue Saint-Remy est un autre exemple réussi : elle constitue un axe de liaison qui est fréquenté, il y a un bâti et une offre commerciale qui sont mis en valeur.  »

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Liège (c.f. Liège)