Bart De Wever réagit à la manifestation: «Il n’y a pas d’alternative à notre politique»

Le président de la N-VA est revenu sur la manifestation nationale de jeudi. Tour d’horizon des réactions des politiques.

Temps de lecture: 5 min

L es syndicats n’ont aucune alternative : ils veulent que nous copiions la France, mais ce pays est dans une situation infiniment pire » que la nôtre, a déclaré jeudi soir, à la télévision publique néerlandaise, le président de la N-VA Bart De Wever en réaction à la manifestation nationale.

«  Notre pays a une importante organisation syndicale qui est forte pour mobiliser », reconnaît le bourgmestre d’Anvers. «  Mais il n’y a pas d’alternative à notre politique. Nous devons maintenant persévérer et créer des perspectives pour les gens. D’autres pays qui nous ont précédés sont aussi passés par ces moments difficiles. »

Pour Charles Michel, « la justice devra faire son travail »

Le Premier ministre Charles Michel a fermement condamné les violences « inacceptables » qui ont caractérisé la fin de la manifestation nationale à Bruxelles et appelé à la concertation sociale, tout en maintenant le projet de saut d’index. La manifestation relève d’un droit démocratique et légitime, a souligné M. Michel sur RTL-TVi, mais les violences perpétrées par certains manifestants ne sont «  en aucun cas acceptables ». «  La justice devra faire son travail », a-t-il affirmé, rejetant toute idée d’impunité.

Il a appelé à la sérénité, au respect mutuel, à l’écoute et au dialogue, afin d’engager la Belgique dans des réformes permettant aux entreprises de créer plus d’emploi. «  Nous voulons protéger notre modèle social » afin de pouvoir payer les pensions et la sécurité sociale à l’avenir, a-t-il relevé, rappelant le premier tour de table tenu en fin de journée avec les représentants syndicaux.

Face à la menace de la FGTB de ne pas s’asseoir à la table de négociation si le projet de saut d’index n’est pas supprimé, Charles Michel s’en est tenu à l’accord de gouvernement qui le prévoit. La marge de négociation est cependant « immense » à ses yeux, a-t-il dit, citant la mise en œuvre de la réforme des pensions, du marché du travail, etc.

«  Je pense aussi à tous ceux qui n’ont pas manifesté et qui ont la conviction qu’on a besoin de stabilité, et de donner au gouvernement la chance de démarrer des réformes dans le plein respect de la concertation sociale », a-t-il affirmé.

Une manifestation « plutôt bon enfant » pour Olivier Chastel

La manifestation nationale organisée par les syndicats à l’encontre du gouvernement fédéral était «  plutôt bon enfant » et seul «  un petit nombre de manifestants ont dégradé la situation en fin d’événement », a jugé le président du MR Olivier Chastel, jeudi soir sur la RTBF.

Condamnant ces violences, M. Chastel n’en a pas moins souligné la nécessité d’entendre les inquiétudes exprimées, comme le gouvernement l’a fait à ses yeux en recevant en fin de journée les syndicats. Il relève à cet égard qu’il a fallu attendre cette manifestation pour que les syndicats «  acceptent enfin l’invitation du Premier ministre ». Le président du MR ne se dit pas étonné de l’ampleur de la mobilisation, dont il trouve une cause dans «  la campagne orchestrée pendant des semaines par le PS », coupable à ses yeux d’avoir alimenté «  un climat de haine » fait «  de caricatures, de mensonges et d’exagérations ».

Après la mobilisation syndicale contre les mesures du gouvernement fédéral, le président du MR, dont le parti est dans l’opposition dans les entités fédérées du sud du pays, a fait observer que les syndicats «  ne se sont pas encore beaucoup intéressés aux mesures du gouvernement wallon (PS-cdH, ndlr), qui toucheront le portefeuille du citoyen ».

Cécile Jodogne confirme la « minorité violente »

La secrétaire d’État bruxelloise en charge du Service de l’Incendie et de l’Aide Médicale Urgente a fermement dénoncé les violences exercées contre les pompiers ambulanciers et la dégradation de leur matériel de travail lors de la manifestation nationale. Se disant consternée par les violents incidents survenus à l’encontre des pompiers ambulanciers bruxellois et des services de police, Cécile Jodogne a tenu à rappeler que le droit de manifester était un fondement de la démocratie.

«  Il est cependant regrettable qu’une minorité violente profite de ce droit pour saccager et attaquer. S’en prendre ainsi aux postes médicaux, mis en place pour porter secours immédiatement aux manifestants, est inadmissible », a-t-elle commenté.

Pour Mme Jodogne, une fois qu’une estimation claire de l’étendue des dégâts et des blessures sera établie, «  il faudra prendre des mesures envers les auteurs de ces actes inacceptables ».

Yvan Mayeur : « De véritables hooligans qui sont venus casser Bruxelles »

En fin d’après-midi jeudi, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles se montrait globalement satisfait du déroulement de la manifestation avant que celle-ci ne dégénère complètement et finisse en affrontements violents avec la police, à proximité de la Gare du Midi. Un scénario d’une rare violence qui a fait sortir Yvan Mayeur (PS) de ses gonds. « Je veux dénoncer ces quelques dockers anversois et des types qui, pour moi, sont de véritables hooligans et qui sont venus casser Bruxelles. Pour moi c’est inadmissible. Ce n’est pas l’objectif de la manifestation ni l’objectif social des organisations syndicales ».

Pour le bourgmestre de la Ville, les dockers anversois sont clairement en ligne de mire. « Ce n’est pas la première fois. Lors de la manifestation européenne, ils sont déjà allés casser le bureau de Catherine Ashton à la Commission, à Schuman. C’était déjà les dockers et je pense qu’Anvers doit maintenant résoudre ses problèmes avec son Port. J’aimerais en tout cas que les responsables du Port prennent leurs responsabilités. »

Et le bourgmestre de Bruxelles d’envisager lui aussi des poursuites envers les casseurs. « Il y a eu plusieurs arrestations dont certaines judiciaires, nous examinerons chaque dossier et, le cas échéant, nous nous constituerons partie civile contre ces gens ».

La colère du bourgmestre de la Ville est d’autant plus vive que plusieurs dizaines de policiers auraient été blessés. « Rien que dans l’un des pelotons de notre zone, on dénombre 18 blessés dont 4 ont été hospitalisés. Je le dis : ça suffit ! »

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet La Une Le fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une