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De ces cinq auteurs, qui remportera le Rossel 2014?

Le jury du prix Rossel a choisi ses cinq finalistes. Délibération finale et proclamation le 4 décembre

Responsable des "Livres du Soir"

Par Jean-Claude Vantroyen

Temps de lecture: 5 min

Véronique Bergen : Marilyn Naissance année zéro

Marilyn, évidemment. La Monroe. C’est d’elle que Véronique Bergen parle. En tranches de réflexions, de pensées, de témoignages, d’inserts. De Milton Greene, de Howard Hugues, de ses pères putatifs, d’Edgar Hoover, de son maquilleur, de sa psy, de son chien… Et d’elle-même. Ou plutôt : d’elles-mêmes. Norma Jeane, la coincée qui squatte le corps et l’esprit de l’autre. Et Marilyn, la Barbie péroxydée, la poupée de chair, la star et la putain. Comme un torrent, les paroles sortent de leurs bouches et ébauchent un requiem pour la MM girl. Et en même temps, c’est un requiem pour l’Amérique des années 40 à 60 que l’auteure brosse à grands cris.

roman

Marilyn Naissance année zéro

Véronique Bergen

Al Dante

292 p., 17 euros

Premiers mots

La vie n’est qu’une question de portes à franchir. Chacun a la sienne. Dans la loterie complexe des arrivées sur terre, certains la trouvent grande ouverte à leur naissance. D’autres sont condamnées à s’embourber dans un dédale de portes dérobées, de passages impraticables.

J’aime voir l’intérieur des choses s’épandre au dehors. J’aime crever les gélules avec une épingle…

In Koli Jean Bofane : Congo Inc.

Isookanga, futur chef pygmée, n’en a rien à faire de la forêt et des traditions. Lui, il croit au progrès, à la mondialisation. Il ne combat pas les multinationales avides des richesses de ses terres : il veut en être, il veut devenir un raider vorace. Isookanga court jusqu’à Kinshasa pour se tailler une place au soleil non plus dans son jeu vidéo mais dans le monde réel.

Jean Bofane a écrit un roman truculent et haletant, mais tout, des situations aux personnages, pourrait être vrai. En fait, tout est vrai. Et le Congo, avec ses guerres, ses cruautés, ses convoitises, n’est pas en retard sur notre époque : il est en avance, annonciateur d’une débrouillardise universelle qui sera la condition de la survie sur une planète privée de repères.

roman

Congo Inc. Le testament de Bismarck

In Koli Jean Bofane

Actes Sud

298 p., 22 euros

ebook, 16,99 euros

Premiers mots

– Putain de chenilles !

L’exaspération provoquée par les innocentes bestioles depuis plus d’une heure avait stimulé les facultés d’Isookanga, lui permettant de tracer plus rapidement sa route à travers la forêt, d’éviter les branches basses, d’ouvrir des brèches dans le feuillage aussi sûrement que l’étrave d’un brise-glace en période de réchauffement climatique.

André-Joseph Dubois : Ma mère, par exemple

La mère de l’écrivain est morte en 2013, dans sa 102e année. Il lui a rendu visite deux fois par semaine pendant les 45 ans de son veuvage. Ce n’est pas pour ça qu’il la connaît vraiment. Le récit de la vie de sa mère le montre : des tas de zones d’ombre subsistent, des pans de vie peu clairs, et toutes ces choses dont elle ne parlait pas, parce que ça ne se fait pas. C’est un hommage à sa mère que ce livre. Mais pas une hagiographie. Sainte Maman n’existe pas. Sa mère, c’est une femme. Comme des tas d’autres. Et ce récit n’est qu’un exemple de la vie de toutes ces mères, tout au long du XXe siècle. Qui ont vécu l’évolution de leur statut et de leur « métier ». Et puis reste une autre interrogation : après tout, Dubois est un romancier, n’a-t-il pas caché de la fiction dans son récit ?

roman

Ma Mère, par exemple

André-Joseph Dubois

Weyrich

135 p., 14 euros

ebook, 10,99 euros

Premiers mots

Au début des années 1920, comme il s’était mis à mieux gagner sa vie, mon grand-père entreprit de se faire construire une demeure qui ne serait pas une simple maison ouvrière. Elle compta au rez-de-chaussée un salon et une salle à manger conjoints par une baie arquée, l’ensemble fut appelé living room, encore qu’on y vécût fort peu.

Hedwige Jeanmart : Blanès

Eva et Samuel vont passer une journée à Blanès, une cité balnéaire proche de Barcelone, où ils vivent. Ils se promènent, mangent, reviennent à Barcelone, montent dans leur appartement. Et soudain Samuel est parti, disparu. Mort, dit Eva. Elle est désemparée, anéantie. Pourquoi cette fuite ? C’est à Blanès que la clé réside. Elle y retourne, rencontre des tas de gens, dont des fans de Roberto Bolano, l’écrivain chilien qui y a fini sa vie. Elle cherche des indices, mais son enquête s’évanouit dans le mystère. Eva perd contact avec ce monde. C’est elle qui raconte son histoire. Imagine-t-elle, invente-t-elle, recrée-t-elle une autre réalité ? Ce roman est un jeu, sur la littérature, le pouvoir des mots, les personnages littéraires. Entre la fiction et la réalité.

roman

Blanès

Hedwige Jeanmart

Gallimard

272 p., 18,50 euros

ebook, 12,99 euros

Premiers mots

Et si on allait à Blanès ? C’était mon idée. Je l’avais lancée le samedi 10 mars vers onze heures du matin, après mes deux cafés, consciente de ce que je disais et aussi du fait que je le disais pour lui faire plaisir, sans soupçonner une seconde que cette phrase innocente serait celle qui me ferait chuter tout au fond du gouffre où je suis.

Jean-Pierre Orban : Vera

Vera est, dans le premier roman de Jean-Pierre Orban, une jeune Italienne de Londres, fascinée par son pays d’origine et par celui qui le dirige quand elle a 11 ans, en 1933. Little Italy, son quartier, vibre d’une ferveur mussolinienne partagée d’autant plus aisément qu’un voyage lui permet de rencontrer le Duce. Tout change quand, à la déclaration de guerre, le père de Vera est arrêté et déporté vers une île, dans un bateau qui fait naufrage. C’est aussi, pour elle, le naufrage des idéologies, solubles dans la langue. Question centrale : Churchill a donné en anglais l’ordre d’arrêter tous les Italiens. L’aurait-il fait s’il avait parlé italien ? Et le français, appris notamment grâce à un Juif exilé à Londres, permettra à Vera de se sauver, d’aborder des territoires différents.

roman

Vera

Jean-Pierre Orban

Mercure de France

266 p., 20 euros,

ebook, 15,99 euros

Premiers mots

Acciuffateli tutti.

Est-ce que Churchill parlait italien ? Connaissait-il un seul mot de cette langue ? Et aurait-il lancé son ordre s’il l’avait fait dans la langue d’Augusto ? Ose-t-on, quand on a fait l’effort de traduire sa pensée dans les mots de l’autre, le condamner à l’exil ? Et l’envoyer à la mort ? Par le fond, comme l’empereur-clown Augusto.

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