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Ouvrir le numerus clausus en révisant ses dogmes

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Quatorze mille deux cents généralistes censés exercer en 2012 mais seulement 8.460 équivalents temps plein. Pénurie ? Un luxe plutôt par rapport aux 6.063 temps pleins qui soigneront la population vieillissante de 2037. Tout est dit dans ces quelques chiffres : le système régulant l’offre des professions de santé en Belgique est arrivé au bout de sa logique. En fait, un tel phénomène se produit quand une disette se transforme inexorablement en pénurie grave alors que dans le même temps des centaines d’étudiants rêvent de concrétiser des études parmi les plus complexes qui soient.

La faute à qui ? Au mode de rétribution en vigueur d’abord : c’est parce que la médecine reste essentiellement rémunérée à l’acte, et parce que cette option n’échappe pas à des exigences de productivité, qu’il convient de protéger le système contre d’éventuels abus. Ne rêvons pas cependant, ce n’est pas demain qu’on balayera cette formule vieille comme la médecine…

La faute aussi aux politiques fédéraux qui, accrochés au principe de « demande induite par l’offre », pensent qu’un fonctionnement fermé est générateur d’économies pour les finances publiques. Il l’est sans doute jusqu’à un certain point mais il garantit aussi, l’air de rien, la protection de bien des intérêts particuliers. Or, en refusant de partager le gâteau, ne serait-ce qu’un tout petit peu, une partie de la profession met en péril l’offre de soins de santé actuelle.

La faute enfin à l’enseignement francophone. En s’asseyant royalement sur les quotas nationaux, la majorité siégeant à la Fédération Wallonie-Bruxelles a pris des risques. Elle a longtemps cru que la Flandre lui laisserait offrir sur un plateau une solution aux centaines d’étudiants surnuméraires alors que de ce côté-là de la frontière linguistique, d’autres centaines d’étudiants ont dû ranger leur vocation précoce au rayon des rêves inaboutis.

Ce conflit communautaire vidé, le problème révélé par le cadastre reste entier. On doit le régler, en deux temps. D’abord, en permettant aux étudiants en fin de cycle d’exercer leur métier sous condition : remplir en priorité les spécialités (et les régions) en pénurie, à commencer par la médecine générale. On doit en effet se rappeler que la profession a beau être libérale, c’est un système collectif qui la rémunère. Ensuite en révisant ses dogmes. Le fédéral ne pourra pas rester sourd à ce cadastre qui appelle, à tout le moins, un véritable élargissement du numerus clausus. Quant à la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle devra accepter de ne plus former des médecins à tous vents. Examen d’entrée ? Année préparatoire ? Filtre intermédiaire ? C’est moins la formule retenue que le principe même d’une vraie mesure de contingentement qui donnera la clef. Et qui évitera à ces étudiants, ou à leurs successeurs, de ne plus être otages de politiques aveugles.

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