Le FabLab, usine magique et anti-gaspi

Chaque semaine, on vous offre une bonne idée pour installer au cœur de votre vie le développement durable.

Temps de lecture: 2 min

Amputée d’un bouton, votre gabardine fait triste figure. Un rapide coup d’œil dans les pans du manteau et le désarroi s’installe : pas de pièce de rechange. Bien sûr, vous pouvez courir les quelques merceries survivantes. Mais ne vous leurrez pas. A moins que l’Univers tout entier conspire à la réussite de votre quête, jamais vous ne mettrez la main sur la copie parfaite du congénère manquant. Que faire dès lors ? Fabriquer ce bouton vous-même, pardi !

Direction le FabLab – contraction de « fabrication » et de « laboratory » dans la langue de Shakespeare. Pour schématiser, il s’agit d’une petite usine d’auto-production ouverte à tous. Le parc machine est équipé d’imprimantes 3D, de fraiseuses numériques, de découpeuses laser et… d’intelligence collective. Le quidam peut venir y donner vie à un prototype, mais également concevoir lui-même une pièce spécifique pour réparer un objet abîmé.

Vous n’avez pas l’âme d’un geek ? Cela ne doit pas être un frein. « Beaucoup d’objets ont été dessinés numériquement en 3 dimensions, explique Benjamin Pailhe, directeur du RElab, le FabLab de Liège. Sur internet, 80 % de ces fichiers 3D sont open source, donc libres d’accès. Il suffit de rechercher le patron de conception du bouton de son choix, puis d’importer ce fichier dans l’imprimante 3D. Et quatre minutes plus tard, la machine livre un bouton neuf qui est fabriqué par un amalgame de fibres de plastique déposées en couches.  » D’où proviennent ces fibres ? « Du recyclage de déchets ! Soit on achète des bobines de fil ABS (plastique rigide comme celui des Legos, NDLR) ou PLA (polymère biodégradable issu du maïs, NDLR), soit on les fait nous-mêmes. En effet, grâce à notre petit extrudeur, et au départ de bouteilles de soda en plastique, on peut fabriquer quotidiennement de 20 à 30 mètres de filaments plastiques, lesquels serviront de matière première utilisable par l’imprimante 3D. » Ce qui est réalisable pour le bouton de manteau l’est aussi pour celui de la machine à lessiver. « On a créé un générateur 3D spécifique aux boutons de programmation des électroménagers. Il y en a de différents types et diamètres, avec des graduations chiffrées. »

En façonnant des pièces qui n’existent plus sur le marché (ou à des prix exorbitants), les FabLabs aident concrètement à lutter contre le gaspillage et l’obsolescence programmée. Une matinée de formation suffit pour être apte à utiliser les machines. Un jour par semaine, l’atelier est ouvert à tous gratuitement.

 

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