VentureLab, pour pousser les étudiants à l’audace

Le premier incubateur de projets entrepreneuriaux pour étudiants en Belgique francophone vient d’être inauguré à l’initiative d’HEC-ULg.

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Une douzaine d’étudiants et jeunes diplômés ont rejoint le VentureLab, inauguré hier à l’initiative d’HEC-ULg. Il s’agit du premier incubateur de projets entrepreneuriaux pour étudiants en Belgique francophone. « Nous voulons servir de boussole aux étudiants qui ont le virus entrepreneurial, en amont d’autres structures de soutien. Nous leur apportons des conseils, une expérience et un réseau, autant qu’un espace dédié », explique Bernard Surlemont, professeur d’entrepreneuriat à HEC-Ulg et cheville ouvrière du VentureLab. Il épingle deux paradoxes qu’une telle initiative veut combattre : les jeunes n’ont jamais eu une vision aussi positive de l’entrepreneuriat, mais seulement 3 % d’entre eux vont passer à l’acte. Par ailleurs, plus une personne est diplômée, moins elle sera tentée de créer une entreprise, alors qu’il est démontré que les chances de survie d’une jeune société augmentent avec le niveau d’études de son ou ses fondateur(s). « Certains disent qu’il faut d’abord acquérir une expérience de salarié avant de créer sa boîte. Nous disons au contraire qu’il faut profiter du ‘cocon familial’ en tant qu’étudiant pour prendre des risques. Après, avec une charge de famille et des crédits sur le dos, le pas est plus difficile à faire », poursuit Bernard Surlemont.

« Une école de gestion doit pousser ses élèves à l’audace », embraie Wilfried Niessen, le doyen d’HEC-ULg. Ce n’a pas toujours été le cas : « Il y a 30 ans, l’esprit d’entreprendre n’était pas très présent dans la faculté », reconnaît Albert Corhay, le recteur de l’ULg. Il y a quelques mois, l’ULg a déjà été la deuxième en Belgique à créer un statut d’étudiant-entrepreneur, après l’université de Gand.

Le VentureLab n’est pas réservé aux étudiants et jeunes diplômés (maximum 2 ans) de l’ULg mais est ouvert à tout le pôle académique Liège-Luxembourg, hautes écoles comprises donc. Les premiers participants viennent d’ailleurs de filières très diverses, la moitié seulement ayant un bagage en gestion. La plupart des projets visent à répondre à des problématiques de mobilité, d’écologie ou de bien-être. « Le plus gros défi a été de convaincre nos parents », ironisent quelques étudiants-entrepreneurs.

Soutenir sans « cocooner »

L’objectif du VentureLab est de les soutenir, mais pas de les « cocooner ». C’est d’ailleurs pour responsabiliser les jeunes que l’accès au VentureLab, après un test gratuit de 3 mois, coûtera 200 euros par mois, mais ce « loyer » ne devra être rétrocédé que lorsque la société est créée et devient rentable. L’incubateur espère héberger 40 projets en vitesse de croisière, avec un budget annuel d’environ 800.000 euros. Des partenaires privés ont permis d’amorcer la pompe, en attendant des fonds publics européens et wallons. Les trois coaches actuels (Luc Pire, Hubert Brogniez et Philippe Woitrin), tous entrepreneurs, partagent actuellement leur temps et leurs expériences bénévolement.

Le VentureLab occupe temporairement un rez-de-chaussée à côté d’HEC, rue Louvrex. Un déménagement vers le centre de Liège (près de l’Opéra) est envisagé à un horizon d’un an et demi, ce qui rapprocherait cette nouvelle initiative de structures comme MeusInvest ou CIDE-Socran, dans le cadre d’un écosystème entrepreneurial indispensable au redéploiement économique de la Région. Une passerelle pourrait également être construite vers Bruxelles, à travers une collaboration avec Medialab, le futur incubateur de RTL Belgium.

Le lancement s’accompagne d’une campagne de « crowdfunding », via Crowd’In, à travers laquelle les Liégeois (et autres) peuvent marquer leur soutien aux projets entrepreneuriaux étudiants.

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