Offrez une seconde vie à vos vieilleries

Que faire de ces vieilles fripes qui traînent dans notre dressing ? Des jouets délaissés par votre bambin aujourd’hui ado ? De l’armoire lourde et ringarde qui plombe votre living ? Tous les jeter à la poubelle ou à la déchetterie la plus proche en vue d’un recyclage partiel ? Pas si vite ! La réutilisation de ces objets constitue peut-être une meilleure solution pour la planète et pour votre conscience citoyenne. C’est justement un des axes de la 6e édition de la semaine européenne de réduction des déchets (Serd), qui dure jusqu’à ce dimanche.

La chasse aux déchets est imposée par l’Union européenne via une directive visant à réduire de moitié leur masse d’ici 2020. « Une des solutions pour y parvenir est de donner une seconde vie aux objets du quotidien, explique Tanguy Ewbank, chargé de missions chez Ressources, fédération des entreprises d’économie sociale actives dans la réduction des déchets par la récupération, la réutilisation et la valorisation des ressources. Avec ses 5 kg d’objets réutilisés par an et par habitant, la Flandre est loin devant la Wallonie (1,5 kg/an/habitant) et Bruxelles (2,5 kg/an/habitant). Le gisement est important. On estime le potentiel de récupération à 7 voire 8 kilos par an et par Belge. »

Dans le jargon environnemental, on parle des 3«R»: réduire, réemployer, recycler. « Dans la logique de gestion des déchets défendue à l’échelle européenne, les fameux 3 R devraient se succéder dans l’ordre suivant, détaille Ann Wulf, chargée de communication chez Eco-conso. D’abord réduire les déchets, par exemple en incitant le citoyen à opter pour des produits dépourvus d’emballages superflus. Ensuite, réemployer les objets inutilisés, par le don ou en transformant l’usage. Et enfin, recycler ce qui n’a pas pu être réutilisé, c’est-à-dire réduire les objets en matières premières. Or en Belgique, on a pris cette chaîne des 3 R à l’envers. En effet, on a consacré beaucoup d’effort au dernier maillon, mais très peu aux deux premiers, intimement dépendants du comportement du citoyen. Peu à peu, on sort du “tout au recyclage” pour adopter un discours de sensibilisation à destination du citoyen. »

C’est clair, la réutilisation des vieux objets est dans l’air du temps. Le succès du salon RECUPère, dont la deuxième édition se tient ce week-end à Namur (voir ci-contre), en est la preuve. Pour expliquer cet engouement, il y a bien sûr la crise qui s’éternise. « En termes d’économie, les donneries représentent une aubaine, pointe Anne Wulf. On y acquiert des objets gratuitement que l’on peut transformer à sa guise. D’ailleurs, l’essor de la mouvance “do-it-yourself” n’est pas étranger à ce succès. Beaucoup apprécient customiser des objets ou des vêtements pour avoir quelque chose d’unique et de personnalisé. » Sans oublier les changements climatiques, l’obsolescence programmée ou encore la raréfaction des ressources qui contribuent à une prise de conscience citoyenne.

Jouets : des marchés où tout est gratuit

Ce dimanche, à quelques jours de la Saint-Nicolas, Yapaka organise deux grands marchés du jeu et du jouet gratuits à Bruxelles et à Tournai. On peut offrir ses joujoux délaissés jusqu’à midi. « L’an dernier, nous avons reçu une grande diversité de jeux magnifiques, pour tous les âges. Des tapis d’éveil et des jeux de formes pour les tout-petits ; des jeux de société, des figurines, des poupées, des Lego ou encore des petites voitures pour les plus grands », explique Claire-Anne Sevrin, coordinatrice. Dès 13 h, les portes de la caverne d’Ali Baba s’ouvriront. En fonction du stock disponible, chaque enfant pourra choisir un grand ou un petit jeu. «  C’est un moment incroyable. On voit des étoiles dans leurs yeux. » Loin d’être destiné aux moins nantis, ce marché brasse toutes les classes sociales.

Ce dimanche 30 novembre à Bruxelles (Halles Saint-Géry) et à Tournai (HEH Campus pédagogique, rue des Carmes 19b). www.yapaka.be

Électro : des dons via internet

Jeter un frigo en état de marche, c’est du gaspillage et le revendre demande du temps. La solution ? En faire don sur une « donnerie » virtuelle. Souvent conçus à l’échelle d’une commune, ces sites internet permettent aux citoyens de signaler les objets en bon état qu’ils souhaitent donner ou dont ils ont besoin. On y retrouve des électroménagers, des meubles, des livres ou encore des plantes. Pour offrir une nouvelle vie à ces objets, il suffit de contacter le donateur par e-mail et de s’accorder sur le moment de retrait au domicile de ce dernier. « En plus de réduire la masse de déchets, la donnerie virtuelle favorise les rencontres entre les habitants et voit émerger un élan de solidarité », commente Marie-Rose Geuten, échevine etterbeekoise du Développement durable, qui a mis sur pied une donnerie virtuelle cet été.

Les 35 donneries virtuelles de Bruxelles et de Wallonie : http://listes.agora.eu.org/listinfo/donnerie#ailleurs

Vêtements : des bulles qui créent de l’emploi

Jeter ses vêtements à la poubelle revient à les réduire en cendres, alors qu’ils peuvent encore servir si on les dépose dans l’une des 3.600 bulles du réseau Solid’R en Wallonie et à Bruxelles. 60 % des textiles collectés sont proposés à la vente en magasin de seconde main, comme Les Petits Riens, TERRE et Oxfam. Mieux : en optant pour une bulle surmontée du petit bonhomme bleu Solid’R, unique label garantissant la gestion éthique du don, on dope d’emploi. « Chaque fois que l’on collecte 22 tonnes de textiles, on crée un emploi. C’est la force de l’économie sociale. Grâce aux dons de vêtements des citoyens, on sort de la précarité des personnes peu qualifiées », explique Arabelle Rasse de l’ASBL Ressource. La filière compte 600 équivalents temps plein et collecte quelque 492 tonnes de vêtements, chaussures ou encore linge de maison par semaine.

La bulle près de chez vous : www.res-sources.be/bulles-textiles

Meubles : les ressourceries emportent tout

Marre de l’armoire léguée par Grand-mamy ? Sur un simple coup de fil, le camion d’une des sept ressourceries francophones se rend au domicile des particuliers pour prélever les encombrants qu’ils auront pris soin d’entreposer au rez-de-chaussée. Ce service est réservé aux habitants des 78 communes desservies par cette initiative d’économie sociale. « La Ressourcerie, contrairement à la soixantaine d’opérateurs privés qui collectent exclusivement les biens de valeur, prélève la totalité des encombrants proposés, libérant le citoyen de tous les objets dont il veut se séparer », explique Arabelle Rasse, de l’ASBL Ressource. Tandis que les électroménagers de grande marque sont remis à neuf, les meubles, matelas ou vaisselle réutilisables sont proposés à la vente dans le magasin attenant, à un prix modique. Les encombrants non réutilisables sont quant à eux démantelés en différentes fractions – bois, métaux, verre ou encore plastiques – et emmenés dans la filière de recyclage adéquate. Ce tri permet en outre « d’éviter le plus possible la mise en centre d’enfouissement technique », explique Michel Simon, directeur de la Ressourcerie du pays de Liège.

www.ressourceries.be

GSM : il vaut de l’or

La technologie va galopant. La tentation est grande de changer de téléphone portable régulièrement. Que faire avec l’ancien ? Parmi les sites de petites annonces en ligne, Kapaza.be propose un peu plus de 9.000 GSM à la vente en seconde main. « Le réemploi d’un iPhone 4 permet d’éviter le gaspillage de 30 kg de matières premières pour la fabrication d’un neuf, soit 45 kg de CO2 qui ne sont pas émis dans l’atmosphère, ce qui équivaut à environ 280 km parcourus en voiture », argumente Kapaza.be. Sur les sites spécialisés, les appareils quasi neufs côtoient les pièces détachées. En effet, la coque, l’écran, les boutons d’allumage et de volume ou encore la touche de menu principal peuvent réanimer un congénère défaillant. Par ailleurs, lors de l’achat d’un nouveau GSM, des magasins proposent de reprendre l’ancien, défectueux ou non, contre une compensation financière. Le site Yourecycle (www.fnacrecyclage.be) de la Fnac calcule ce prix de reprise. Certains appareils connaîtront une seconde vie en Afrique, alors que d’autres seront démantelés pour en extraire leurs métaux précieux. 50.000 GSM contiendraient un kilo d’or.