L’UE exhorte l’Italie à mettre fin à la chasse au filet d’oiseaux sauvages

L a Commission européenne demande instamment à l’Italie de mettre un terme à (…) la capture massive d’oiseaux sauvages » à l’aide de filets qui sont « interdits par la directive “Oiseaux”  », a indiqué l’exécutif européen dans un communiqué.

Dans plusieurs régions du nord-est de l’Italie, des pigeons ramiers, grives litornes, grives musiciennes et grives mauvis, mais aussi des merles, vanneaux huppés et alouettes des champs sont capturés « au moyen de filets, en vue de les utiliser comme appâts vivants » et cela « depuis de nombreuses années » en vertu de dérogations accordées par les autorités régionales, a expliqué la Commission.

Ces oiseaux, ensuite enfermés dans des cages, sont alors utilisés comme « appelants » dans la chasse, leur chant attirant leurs congénères qui deviennent ainsi des cibles plus faciles à atteindre.

Cette pratique, défendue par les chasseurs comme une tradition ancestrale, sévit en Lombardie, Vénétie, Emilie-Romagne, Toscane, dans les Marches et la province autonome de la ville de Trente. « La Commission estime que les filets sont trop larges et pas assez surveillés. Les oiseaux ainsi capturés y restent longtemps et souffrent », a indiqué un porte-parole.

La directive « Oiseaux » interdit l’utilisation de filets par les chasseurs car il s’agit d’une méthode de capture « massive ou non sélective ou pouvant entraîner localement la disparition d’une espèce ». Elle prohibe également, entre autres, les collets, pièges-trappes, hameçons, les explosifs et appâts empoisonnés ou encore les enduits de tranquillisants.

En février, la Commission avait mis en demeure l’Italie de mettre fin à « cette méthode de capture interdite », mais sans résultat à ce jour. Elle franchit désormais une étape supplémentaire en délivrant un « avis motivé » à l’Italie, qui « dispose de deux mois pour prendre toutes les mesures nécessaires pour se conformer à la législation ».

« A défaut, la Cour de justice de l’Union européenne pourra être saisie », avertit la Commission.