Rudi Vervoort (PS): «L’enthousiasme du privé pour les quartiers est clair»

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Rudi Vervoort (PS) est le ministre-président de la Région bruxelloise.

Ne craignez-vous pas de voir cette épure plombée par la lenteur des procédures urbanistiques, par le fait que la Région n’ait pas toujours la maîtrise du foncier et par les difficultés institutionnelles ?

Nous sommes évidemment dans des processus qui s’étalent sur des années. Mais une série de projets concrets, notamment concernant le canal, est déjà lancée. Il va évidemment falloir absorber ces chantiers.

Avez-vous un message à adresser au fédéral, dont la collaboration sera indispensable ?

D’abord, il faut qu’on montre que le mécano institutionnel fonctionne. La réussite passe par une coopération entre les Régions d’abord. C’est aussi la base du processus de concertation lancé entre Bourgeois (NDLR : le ministre président du gouvernement flamand) et moi par rapport à la Communauté métropolitaine et favoriser la mobilité ou l’emploi. Pour le reste, c’est nous qui définissons les programmes et nous qui délivrons les permis.

Ça commence mal : le ministre en charge de Beliris, Didier Reynders, d’entrée, parle de faire une étude sur le recouvrement du tunnel Toison d’or alors que le gouvernement bruxellois a annoncé vouloir abandonner le projet.

Il y a sans doute la volonté de Didier Reynders d’exister à Bruxelles. Mais on ne va pas dépenser l’équivalent du budget d’une une année de Beliris pour recouvrir un tunnel.

Ces projets ne se feront pas sans le concours du privé. On sait son intérêt pour Néo. Le sentez-vous ailleurs ?

Oui. Mais le privé, notamment en ce qui concerne le canal, attend de savoir comment on va dessiner les projets. L’enthousiasme est clair.

N’avez-vous pas peur des éventuels recours des habitants ?

Cela fait partie du jeu. Nous verrons quartier par quartier. C’est clair : il peut arriver que certains se découvrent un amour pour telle ou telle zone.

La Région a-t-elle intégré le risque de gentrification de ces quartiers, qui, une fois rénovés ou (re)construits, risquent de ne plus être abordables pour ceux qui y vivent aujourd’hui ?

Le pari que l’on fait, dans chaque zone où nous maîtrisons le foncier, c’est de maintenir un potentiel de logements accessibles. Maintenant, ne nous leurrons pas : il y a une réalité économique. Mais nous pouvons faire le maximum pour la maîtriser et créer les conditions pour qu’il y ait toujours 15 % de logements conventionnés dans les nouvelles constructions. On a 15 ans d’expérience de contrats de quartier. La gentrification a été en grande partie évitée, mais on oublie que certains quartiers aujourd’hui cossus le sont simplement redevenus. Saint-Gilles et ses maisons de maître sont l’exemple d’un bâti qui a retrouvé sa vraie valeur. On ne va pas non plus ne rien faire pour éviter la gentrification. Ce qu’on vise, c’est que chacun trouve sa place.

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