Sampont: «Saveurs des Tourbières», la passion des légumes

Deux amis, puis quatre, puis huit, ont lancé en 2013 une expérience inédite de potager collectif. Les légumes sont vendus au quotidien. L’objectif est aussi de partager l’expérience pour qu’elle essaime.

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 4 min

Même si l’heure n’est plus à la croissance des légumes en ces journées automnales de gel, le potager de l’ASBL « Les Saveurs des Tourbières » continue à vivre au quotidien, à Sampont. On y prépare le printemps prochain et les derniers légumes d’hiver y sont bichonnés et récoltés.

A l’heure où une multitude d’initiatives de production-vente de proximité voient le jour et se développent, selon diverses manières, voilà un concept qui a la saveur de la bonne terre et la force tranquille de l’expérience partagée.

Tout a démarré en juin 2013, entre deux amis retraités, aimant le jardinage et la vie associative. L’un des deux, Michel Verbaert, connaissait une dame qui possédait une prairie sans véritable usage. « Et si on le valorisait en un potager collectif ?, lance-t-il à Alain Lefèvre.

Aussitôt dit, aussitôt réfléchi et créé. Le duo passe rapidement à un groupe de 4, puis de 8 personnes, chacun avec des compétences propres. Alain Lefèvre se sent l’âme d’un jardinier, mais entre un jardin particulier et un terrain de 80 ares, ce n’est pas la même chose… Il contacte Xavier Fournier, le directeur des Pépinières « La Gaume » à Breuvanne (Tintigny), qui a une solide expérience en la matière, et qui adhère d’emblée au concept, ainsi que Tessy Klein, qui pratique la culture bio dans son potager à Beckerich (Grand-Duché). « Le premier nous a apporté le support de démarrage, notamment en termes de machines, commente Alain Lefèvre. La seconde nous a orientés pour acheter de bons plants, venant d’Allemagne. On s’est lancé avec passion mais selon le plan de culture établi, on s’est vite rendu compte que l’on aurait beaucoup trop de légumes pour nous… On a alors pensé ouvrir un petit magasin pour écouler notre production au niveau local. Puis on a créé une coopérative avec l’idée de séduire un grand nombre de coopérateurs qui pourraient consacrer un peu de temps à ce travail quotidien. Mais c’était trop ambitieux car pour cela, il faut d’abord être connu. On ne l’était pas du tout. »

Un grand jardin d’1,8 hectare

Après quelques mois, la coopérative devient ASBL et les premiers revenus sont consacrés à l’achat de matériel, tout d’occasion : un premier tracteur, puis un second, horticole, plus léger et mieux adapté, puis une serre rachetée à la commune de Tintigny, un broyeur, notamment. L’aspect économique n’est évidemment pas le but premier de ces « bénévoles à temps plein », mais bien l’envie de faire retrouver le goût du bon, et à terme de transmettre cette expérience qui peut être transposable n’importe où.

L’ASBL a vite grandi, grâce à l’implication de ses membres. Cette année, la production s’est étendue sur 1,8 ha, soit un bon millier de salades, des carottes, des choux, des pommes de terre, des pois, des haricots, des oignons, des tomates, poivrons, aubergines, etc. Des dizaines de légumes et de variétés différentes, le tout en bio. Ici, on parle compost, purin d’orties et de consoude pour fortifier ces légumes. L’ASBL devrait d’ailleurs obtenir sa certification l’été prochain.

Mais une telle production exige un écoulement continu. « C’est pour cela que nous avons ouvert un petit magasin dans une grange d’un de nos membres à Sampont. Il est ouvert tous les jours de 10 à 18h en été et de 14 à 19h à partir d’octobre. En janvier-février-mars, quand les chicons seront vendus, on va hiberner un peu… Puis on a ouvert un second lieu de distribution à Heinsch, sur un autre axe de circulation, deux après-midis par semaine, ce qui permet de toucher une autre clientèle. Et puis, l’un ou l’autre restaurant et traiteur sont des clients réguliers. »

D’ici fin d’année, la deuxième saison se terminera. « Nous ne voulons pas grandir plus, poursuit Alain Lefèvre. Il faut stabiliser ce qu’on a fait et optimiser certains points, comme par exemple mieux adapter les quantités cultivées aux besoins, optimiser le matériel aussi. Un entrepreneur va dans ce sens nous construire une machine spécifique multi-usages. »

En 2015, l’ASBL compte bien faire venir des étudiants belges et étrangers dans le cadre de leur formation, pour un partage accru des savoirs. Car ici, saveurs et savoir vont de pair.

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