David Michels, une galerie de talents

Directeur des Galeries, il met en scène « La revue ». Son parcours atypique a débuté comme machiniste.

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Rien ne prédestinait David Michels à devenir un jour directeur d’un des théâtres les plus fréquentés de la Belgique francophone. Fils d’un grand sportif devenu journaliste au Soir, le jeune David devait se farcir les stades de foot plutôt que d’aller voir dribbler les comédiens. « De plus, j’étais bègue. C’est dire si, gamin, je n’ai jamais pensé faire du théâtre.  » Et puis un jour, en humanités, une amie l’entraîne pour faire le figurant dans une pièce de l’école. «  Le prof, qui ne me connaissait pas, me demande de lire le rôle principal. Or la plupart des bègues ne bégayent pas quand ils lisent un texte à voix haute. J’avais une voix grave et il m’a donné le rôle principal. » Malgré ce début prometteur, il préfère s’orienter vers le journalisme, sur les traces de son père.

Pour mener ses études en toute indépendance et louer un kot à Bruxelles, il cherche des petits boulots et se fait engager comme intérimaire aux Galeries. Décharger les camions, monter et démonter les décors, il accepte toutes les tâches. Un jour, alors qu’il manque du personnel sur la tournée des châteaux, le voilà promu régisseur.

« C’était pour un Marivaux et je m’aperçois que mon nom est sur la distribution. Je vais voir Jean-Pierre Rey (directeur des Galeries à l’époque, NDLR) pour avoir des explications et il me répond : “Et alors, ça te pose problème ? C’est un petit rôle. Je ne vais pas en plus payer un comédien !” Au fil du temps, j’ai joué une vingtaine de petits rôles, sans doute parce que je portais bien le costume, mais je ne suis pas comédien. Dès que j’ai eu un peu de responsabilités, je ne me suis plus jamais mis sur un plateau. »

David Michels a tout fait dans ce théâtre : technicien, régisseur, comédien. « J’ai aussi été ouvreur. J’ai appris à écouter les gens, et leurs commentaires à l’entracte.  » Entré aux Galeries à 18 ans, il devient directeur technique à 21 ans et côtoie des vedettes belges comme Christiane Lenain, ou françaises, de Michèle Morgan à Jean Marais.

En 1996, Jean-Pierre Rey tombe malade et lui confie les répétitions de La revue. Rebelote, un peu plus tard, pour Le mariage de Mlle Beulemans. De fil en aiguille, l’aîné transmet les ficelles de son métier à son protégé, avant de lui laisser les rênes en 1997.

« A ce moment-là, le théâtre, qui ne s’était pas renouvelé, allait mal. On était endetté, les salles étaient vides. Il fallait redresser le bateau. On a arrêté le Molière pour sauver les Galeries et, avec notre comptable Olivier Dubois, on a remonté la pente. Aujourd’hui, on est devenu, avec Le Public, le théâtre qui fait le plus de spectateurs en Communauté française, avec des recettes qui couvrent 70 % de notre budget. »

Pourtant, le directeur refuse de se reposer sur ses lauriers : « Je ne veux pas nous enfermer dans une image. Nous devons continuer d’inviter de nouveaux artistes, metteurs en scène ou décorateurs, faire des mélanges !  »

La revue 2014, du 4 décembre 2013 au 26 janvier 2014, Théâtre des Galeries, 6, galerie des Princes, 1000 Bruxelles. Réserv. par tél. au 02-512.04.07.

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