«Il faut absolument rénover le palais des princes-évêques»

I l y a un réel problème de sécurité au palais et on ne pourra pas faire les travaux sans déménager ceux qui l’occupent encore. » Laurent Vrijdaghs, administrateur délégué de la Régie des Bâtiments, affirme être décidé à mettre fin à cette longue période d’incurie qui pourrait, si elle se prolonge, mettre plus à mal l’ancienne résidence des princes-évêques que ne l’ont fait une révolution et deux conflits mondiaux. Il se donne «  deux ans » pour obtenir du gouvernement fédéral l’accord nécessaire à cette réfection. L’option qui a longtemps prévalu, à savoir une rénovation aile par aile, avec des allers-retours concomitants des magistrats et du personnel judiciaire, semble donc abandonnée : «  Ce n’est pas faisable, insiste le patron de la Régie. On ne peut imaginer se lancer dans un chantier pareil sans tout déménager.  »

Et ensuite ? Deux options sont aujourd’hui sur la table. La première est celle d’un déménagement provisoire : les services de la Justice qui occupent aujourd’hui encore le palais épiscopal seraient momentanément transférés dans un ensemble de bureaux d’au moins 10.000 mètres carrés. Ils y resteraient quelques années – le temps au moins que soit mené le chantier et que soient opérés les aménagements auxquels il aura fallu procéder dans les bureaux provisoires - puis reviendraient place Saint-Lambert. « Il faudra réunir tout le monde autour de la table - Régie, Ville, Région, Province, IPW - et lancer une procédure de marché pour trouver une surface de bureaux assez grande et pas trop loin du centre-ville.  » Le quartier des Guillemins et l’ancien magasin Innovation, rue Féronstrée, pourraient faire partie des sites éligibles.

L’autre option, c’est un départ définitif du palais des princes-évêques. Avec ce premier inconvénient que disperser les services de justice alors que 90 millions d’euros ont déjà été dépensés pour les rassembler place Saint-Lambert apparaîtrait incongru. Et cet autre désavantage qu’il faudrait alors trouver une nouvelle affectation pour ce palais des princes-évêques.

« Il faut lancer ce débat, assène encore Laurent Vrijdaghs. Deux ans pour obtenir un accord politique, un an pour chercher un site provisoire et une autre année pour aménager cet espace de bureaux : un déménagement du personnel dans quatre ans me semble envisageable.  » Avec, néanmoins, cet écueil supplémentaire qu’en janvier prochain, la partie du palais qu’occupent aujourd’hui le gouverneur et les services provinciaux devrait être transférée à la Région wallonne et que le bâtiment aura donc deux propriétaires distincts.

«  Qu’on nous déménage, d’accord, mais que ce provisoire ne devienne pas définitif, intervient Marc Dewart, premier Président de la cour d’appel. Ce qu’on veut, c’est un palais rénové avec une utilisation mixte : un accès plus facile au public ainsi qu’une fonction de justice. » Une justice qui y est rendue, rappelle-t-il, depuis le 16è siècle.