Le Pôle Image de Liège mise sur l’international pour grandir

ENTRETIEN

Pascal Diot est une cette carrure internationale de l’industrie du cinéma et de la télévision (TF1, UGC, Pathé, Canal+ notamment, puis directeur des marchés du film de Dubaï et Venise). Il a pour mission de faire grandir le Pôle en misant sur les nouveaux médias et l’internationalisation.

Comment avez-vous atterri à Liège, après le Japon, Venise ou Dubaï ?

Philippe Reynaert (NDLR : le directeur de Wallimage, actionnaire de référence du PIL avec Invest Minguet et Meusinvest) est venu me chercher. Je pense que toutes les conditions sont réunies ici pour créer un véritable pôle d’excellence comme il n’y en a pas encore en Europe, en s’inspirant de ce qui se fait à Angoulême (Magelis, dédié à l’animation), en Suède ou aux studios Babelberg près de Berlin. Toute la chaîne de production du cinéma est représentée au PIL, du financement à la postproduction. Se trouvent ici aussi des sociétés multimédias reconnues internationalement pour leurs compétences. Je sens ici un dynamisme, une ouverture d’esprit que je ne retrouve pas en France. Le monde de l’audiovisuel est en train de changer radicalement, il faut saisir cette opportunité.

Que représente le PIL ?

Une trentaine de sociétés, qui emploient environ 250 personnes, en fonction des tournages, pour un chiffre d’affaires cumulé d’environ 15 millions d’euros.

Quelle est votre mission ?

Faire passer le pôle à un niveau supérieur, au-delà d’un simple « hôtel pour entreprises ». Aider les différentes sociétés présentes à faire croître leur chiffre d’affaires en se diversifiant du cinéma 35 mm vers les nouveaux médias. Il faut parallèlement attirer de nouvelles compétences, dans la web TV, dans les réseaux sociaux, etc. Il faut développer des synergies entre l’ancien et le nouveau monde audiovisuel, via le cluster Twist notamment. Nous disposons de très bons techniciens pour le cinéma mais il y a encore du chemin à faire pour des formats plus courts. Idem au niveau de la création : nous manquons par exemple de bons scénaristes pour les séries TV.

La dimension internationale ?

Elle est cruciale. Les nouvelles règles sur le Tax Shelter (NDLR : le mécanisme fiscal qui incite à la production cinéma en Belgique, indirectement lié à environ 2/3 de l’activité du PIL) à partir du 1er janvier seront plus favorables aux sociétés de production non européennes. Nous devons nous ouvrir davantage au monde non francophone, même s’il y a encore des choses à faire avec le Québec. J’ai beaucoup travaillé en Asie. Mon ambition est de créer un pont entre Liège et l’Asie, essentiellement le Japon, la Corée et la Chine. Un Chinawood gigantesque est en train de se créer.

Du côté de Mons, il y a Virtualis, un autre pôle « image et son »…

Je découvre la Wallonie… Je ne sais pas s’il est économiquement viable d’avoir deux pôles comparables dans une même région. Liège me semble avoir davantage de potentiel à l’international.