Bruno Humbeeck: «Les surveillants n’ont pratiquement plus besoin d’intervenir»

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Entre la classe et la récréation, il peut s’en passer des choses. Bagarres, moqueries, rejets, bousculades, insultes sont lourds de conséquences pour les élèves. Avertissements, sanctions, renvois ne suffisent pas toujours. Le système traditionnel des punitions peut donc avoir ses limites.

Né de cette problématique, un projet a été mis en place à l’école Saint-Joseph de Couvin pour diminuer, voire supprimer les problèmes inhérents à la violence dans la cour de récré. En septembre 2013, en collaboration avec le psychopédagogue Bruno Humbeeck, la direction et le corps enseignant ont commencé à réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre pour concevoir la cour de récréation de rêve. Toutes les classes, de la maternelle au primaire, ont participé à ce projet et se sont investies, soit en inventant, soit en proposant un jeu classique à placer dans la cour de récréation. On y retrouve désormais une marelle, un twister, des parcours d’équilibre ou des jeux d’adresse que les enfants ont eux-mêmes créés. Le tout est complété par des « espaces jardins », des coins de verdure en fait, équipés de tables de pique-nique, de bacs à fleurs et de potagers entretenus par les élèves eux-mêmes. Le constat est sans appel : « Grâce à ces aménagements, on a constaté une baisse sensible du nombre de bagarres, les surveillants n’ont pratiquement plus besoin d’intervenir, il y a même une diminution du nombre d’accidents par rapport à l’an dernier à la même période », commente le directeur de l’école, Jean-Pol Colin.

Par ailleurs, l’espace de récréation a été délimité en trois zones différentes. Une verte où les élèves peuvent courir avec un ballon, une jaune pour courir sans ballon et une bleue où ils ne peuvent pas courir du tout. « Ainsi tous les enfants peuvent choisir leur espace sans craindre d’être bousculés par leurs camarades jouant au football ».

En plus de l’aménagement de la cour de récréation, un espace de parole régulier dans les classes a été instauré en mars dernier ce qui permet aux enfants de s’exprimer sur des sujets, tels que la violence invisible (bousculades, bagarres) qu’ils peuvent subir dans la cour de récré. La parole est ainsi donnée aux victimes et non plus seulement aux coupables.

« Cette nouvelle approche permet au groupe de camarades de trouver des solutions par rapport à ce que la victime d’un conflit exprime », raconte Jean-Pol Colin.

Les enseignants ont suivi une formation pour animer cet espace de parole, ils y consacrent 10 minutes par jour en maternelle et 50 minutes par semaine en primaire.

Depuis l’introduction de ces nouveautés, l’image de l’école s’est largement améliorée. Les enseignants sont aussi ravis car le cadre de travail est plus agréable.

« Je suis vraiment content que toute l’équipe éducative, ainsi que les enfants se soient mobilisés pour ce projet. Mon seul regret est de ne pas y avoir pensé avant », conclut le directeur de l’école Saint-Joseph.

 

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