Une «Zone à défendre» déployée à Haren

Dans ce petit village dépendant de la Ville de Bruxelles, au nord de la capitale, les irréductibles harenois sont bien décidés à vendre chèrement leur lopin de nature, 18 hectares tout de même, sur lequel le fédéral a, lui, bien l’intention d’ériger ce qui deviendrait le plus grand établissement pénitentiaire du pays.

Une gabegie, selon Laurent Moulin, le président du Comité de quartier et ses centaines de sympathisants qui se mobiliseront, une fois de plus ce week-end, pour défendre leur zone verte. « On ne cite plus les études qui démontrent l’intérêt de ces zones vertes, principalement dans un environnement minéral. Tout le monde prône le maintien de la diversité mais, dans les faits, on les grignote sur l’air du “oui c’est malheureux mais il faut bien créer du logement, de l’emploi, de l’industrie ou, en l’occurrence une prison”  ».

Accessibilité, gigantisme voire absurdité du projet ou encore absence de concertation sont autant de griefs adressés par les riverains aux autorités et notamment à la Régie (fédérale) des bâtiments en charge de piloter la construction d’un site annoncé à l’horizon 2016.

Réflexe Nimby ? Non, répond Laurent Moulin. « Il est évident que les prisons de Saint-Gilles et de Forest ne sont plus aux normes et qu’il faut agir mais, là encore, la solution proposée n’est pas la bonne. On veut ériger un établissement susceptible d’accueillir 1.200 personnes alors que de nombreux experts, en France notamment, estiment qu’il n’est pas recommandé de créer des prisons pour plus de 300 détenus. Pourquoi ne pas créer de plus petites structures ? Il faudrait également travailler à plus long terme sur la réduction du nombre de prisonniers », poursuit le président, piste à l’appui. « Aujourd’hui, on compte 35 % de détention préventive alors que ce dispositif avait pour vocation d’être l’exception. Il est donc évident que nous sommes contre le projet actuel qui est mal pensé mais nous sommes aussi demandeurs de participer à une réflexion pour une société plus humaine ».

Et pour faire valoir ses arguments, le comité de Haren occupe le terrain et propose une série d’activités et débat ce week-end. Après la plantation de pommes de terre, en avril dernier, place aussi et surtout à la ZAD, la « Zone à défendre », une première en Belgique. « Il s’agit d’une occupation des lieux à la française comme cela s’est fait du côté de Notre-Dame-des-Landes. Entre 3 et 5 personnes dorment déjà sur place et ce nombre va augmenter même si nous savons déjà qu’en janvier il est possible que la police va évacuer le champ, le camping sauvage étant interdit ».

haren.luttespaysannes.be

A la plaine

Eux aussi, ils sont montés au créneau pour défendre ce qu’ils considèrent comme LE poumon vert du campus et dire non au projet Universalis Park qui prévoit d’y faire pousser de la brique, permis de construire à la clé, la zone étant juridiquement à bâtir et non verte.

Qu’à cela ne tienne, le Comité « Sauver la Plaine » a fait barrage aux pelleteuses et s’est enchaîné aux arbres avant de reculer face aux coûteuses astreintes obtenues en justice par le promoteur. Et les feuillus sont tombés.

Mais la lutte n’est pas terminée, les défenseurs du lieu souhaitent aujourd’hui que la commune organise une consultation populaire et annoncent qu’en cas de refus (plus que probable) des autorités locales, ils lanceront une pétition pour obtenir gain de cause.

 

Dans le ciel

C’est sans conteste le dossier qui a agité le plus de Bruxellois, quitte parfois à les diviser : le survol de la capitale et son cortège de nuisances en tête duquel on retrouve un vacarme à vous faire tomber les oreilles.

S’il existait déjà un escadron de comités remontés comme des coucous dont Bruxelles Air Libre, un petit nouveau a vu le jour il y a quelques mois après le lancement, par le fédéral, d’un nouveau plan de dispersion.

Créé en février par Antoine Wilhelmi, le mouvement « Pas question » a rhabillé les façades de ses slogans, manifesté au flambeau sur les berges du canal et multiplié les sorties médiatiques pour exiger le moratoire sur le plan Wathelet. Ce qu’il a fini par obtenir. Et des solutions à plus long terme. Qu’il reste à négocier, donc.

 

Au Jeu de Balle

Sous les pavés, pas de bagnole ! Tel pourrait être le slogan des défenseurs du plus brusseleir des quartiers : les Marolles. Et sa très symbolique place du Jeu de Balle qui abrite chaque jour le marché aux puces. Et sous laquelle, la Ville de Bruxelles a annoncé son intention de créer un des quatre parkings souterrains jugés nécessaires pour déployer sur les grands boulevards du Centre ce qui doit devenir l’un des plus grand piétonnier d’Europe.

Un projet dont ne veulent pas contestataires réunis sous la bannière de la Plateforme Marolles qui craignent, outre d’interminables travaux, que la place perde tout le cachet qui fait aujourd’hui son charme. Une pétition a déjà réuni près de 15.000 signatures. De quoi faire fléchir le bourgmestre ?