Reynders: «Remplacer les voitures de société par la hausse du salaire net»

Didier Reynders, vice-Premier ministre du gouvernement Michel, sort du bois et propose sa réforme fiscale, dont il souligne qu’elle cadre parfaitement avec l’accord de gouvernement. Il en a réservé le contenu en primeur au « Grand Oral La Première Le Soir » et c’est du lourd : il souhaite une réforme d’une grande ampleur, qui serve à augmenter le salaire poche des travailleurs et pas à financer le budget de l’Etat. On pourrait, dit-il, envisager de remplacer les avantages en nature, comme les voitures de société, par une augmentation du salaire net. Voici son plan en trois volets :

Tax shift au service du coût du travail et du salaire poche : «  Je sais qu’il y a des gens qui, pour des raisons idéologiques, aimeraient créer des impôts sur des tas de choses. Moi, ce que je demande, c’est qu’un tax shift soit d’abord pensé pour baisser l’impôt sur le travail. Il suffirait de dire cela en préalable, parce qu’on est constamment en train d’imaginer de nouveaux impôts, mais ma crainte, c’est que quelques-uns aient l’idée de prendre ces impôts sans baisser l’impôt sur le travail, simplement pour financer le budget et ça n’a pas de sens. Un tax shift pour moi, à côté des baisses de charges sur les entreprises, c’est aussi augmenter le salaire poche, c’est créer un véritable écart entre ceux qui sont allocataires sociaux et ceux qui travaillent. Pour faire cela, il ne faut pas baisser les allocations sociales, il faut baisser l’impôt sur le travail. »

Du salaire poche en plus, au lieu des voitures de sociétés et des smartphones : « Dans le tax shift, il y a des choses que l’on peut faire à l’intérieur même de la fiscalité sur le travail. Exemple : les voitures de société, les ordinateurs portables ou les smartphones. Tout cela, c’est bien mais je crois que les travailleurs, s’ils étaient sûrs de recevoir l’équivalent en net, préféreraient avoir le net ! Je pense que beaucoup de gens préféreraient avoir un net plus élevé que d’avoir tous ces avantages. On a inventé tous ces mécanismes parce qu’une augmentation de salaire serait trop coûteuse. Simplifier la fiscalité, supprimer un certain nombre d’avantages en nature, ça fait partie du tax shift. Mais à une condition, je le répète : que l’on ait d’abord bien décidé d’une baisse des charges sur le travail. »

Le plan et le calendrier : «  La vraie réforme fiscale consiste d’abord à dire comment on va baisser l’impôt sur le travail et non pas simplement à la décréter symboliquement. Je veux que le gouvernement se mette d’abord d’accord sur l’ampleur de la baisse de l’impôt sur le travail. Une fois que l’on a un plan, on sait combien ça coûte et on peut chercher un financement. Ce qui va faire la différence, c’est l’ampleur de cette réforme fiscale. Il y a deux mois que nous sommes en place donc il faut laisser le temps au ministre des finances de peaufiner son plan et il viendra avec un certain nombre de propositions probablement pour le contrôle budgétaire de mars. »