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Mons 2015: la structure d’Arne Quinze s’effondre partiellement un mois avant le lancement de l’événement

« The Passenger », l’œuvre monumentale d’Arne Quinze, s’est partiellement écroulée le soir de Noël. Pas de blessés, mais une sacrée frayeur et des questions à la pelle pour les organisateurs.

Journaliste au service Politique

Par Eric Deffet

Temps de lecture: 4 min

S’agit-il d’un pur hasard ? A un mois jour pour jour de l’inauguration de Mons 2015, le 24 janvier prochain, « The Passenger » s’est en partie effondrée. L’œuvre monumentale de l’artiste belge Arne Quinze, emblème proclamé de la capitale européenne de la culture, s’étend sur nonante mètres de long, une quinzaine de mètres de haut et a imposé l’assemblage de 35 km de planches en bois. La structure s’est affaissée dans sa partie centrale, devant le palais de justice, sans faire de blessés, mais en provoquant la peur et la stupeur des passants. L’incident s’est produit mercredi vers 18h, en plein réveillon de Noël.

On n’ose imaginer les dégâts qu’auraient pu engendrer les poutres si l’événement s’était par exemple produit le 6 décembre dernier lorsque la foule se pressait sous le « Mikado » géant à l’occasion de son inauguration. Mais en réalité, des promeneurs, des automobilistes ou des riverains auraient pu être blessés à tout moment puisque la circulation pédestre et automobile est autorisée en permanence sous le montage de l’artiste d’origine courtraisienne, ce qui contribuait pour beaucoup à son originalité.

Pire peut-être : « The Passenger » devait (doit ?) être une des attractions majeures du lancement de Mons 2015 le 24 janvier prochain. Ce samedi-là, on attend dans le centre de la ville 100.000 personnes sans doute si la météo est de la partie. Tout ce monde aurait sans doute effectué le détour par l’œuvre géante de la rue de Nimy, qui tient pratiquement lieu de « porte culturelle de la ville », à deux pas de la Grand-Place.

L’œuvre doit rester en place durant cinq ans

En cette veille de Noël, les autorités locales ont pris les dispositions nécessaires pour interdire la circulation aux environs de la sculpture géante. La Fondation Mons 2015 a elle aussi réagi très rapidement par voie de communiqué. Elle se dit «  stupéfaite » par cet incident tout à fait imprévisible : « Toutes les mesures de sécurité avant, pendant et après le montage ont été prises, y compris tous les contrôles légaux de stabilité qui avaient été effectués avec succès  », soulignent les organisateurs.

Arne Quinze en personne est descendu sur les lieux en cours de soirée. Il a déclaré à la RTBF ne pas comprendre les raisons de cet affaissement brutal qui, selon lui, ne s’est pas produit à un endroit particulièrement sensible ou exposé. Ce jeudi matin, le mystère reste donc total. Une inspection de la structure aura lieu après le dégagement des planches tombées au sol. Mais l’artiste et la Fondation Mons 2015 vont devoir évidemment se poser la question des conséquences de ce problème : « The Passenger » passera-t-il Noël ?

Le montage devait rester en place durant cinq années, au-delà donc de Mons 2015. Difficile d’imaginer que le public y transitera à l’avenir comme si de rien n’était. Cette affaire est un sale coup pour la capitale européenne de la culture, mais pour l’attraction de toute une ville au cours des prochaines années.

L’enquête dans toutes les directions

Comme on dit généralement en début d’enquête, « toutes les pistes sont envisagées ». Mais à Mons en ce jour de Noël, beaucoup n’écartent pas d’office l’hypothèse « criminelle », d’autant plus que le concepteur ne s’explique pas l’incident et que « The Passenger » avait donc passé toute une batterie d’examens avec succès, selon la Fondation.

Un geste de malveillance ? Par son caractère imposant et décalé, le travail d’Arne Quinze ne s’était pas attiré que des sympathies parmi les Montois qui s’offusquent de la moindre intervention contemporaine dans leur décor quotidien. Le Courtraisien se déclarait ravi de ces réactions qui provoquent le débat et la réflexion autour d’un musée à ciel ouvert.

La polémique avait aussi éclaté à propos du prix de l’œuvre, forçant la direction de la Fondation Mons 2015 à ouvrir ses livres de compte : « The Passenger » a coûté entre 300.000 et 400.000 euros. Pas à la ville comme on le prétend souvent au bar du café du commerce, mais au budget de Mons 2015 auquel les finances communales contribuent pour quantité pratiquement négligeable…

Il n’empêche que les supporters du club de foot local, par exemple, ont eu vite fait de tracer le lien entre les efforts fournis en faveur de la culture à Mons et les difficultés financières de leur équipe favorite qui végète en deuxième division, dans un stade indigne de ce nom. Récemment, une banderole vengeresse barrait la tribune : « Elio, ton Mikado on s’en fout… »

Est-il imaginable que des Montois agacés soient à l’origine de cet incident qui aurait pu être dramatique ? En ville, personne n’ose y penser, mais l’hypothèse n’est pas écartée totalement.

 

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