Les jeunes rêvent toujours de devenir propriétaires

D’après une enquête de Maisons Blavier, les jeunes conservent une brique dans le ventre. Mais ils se dirigent davantage vers des logements plus petits. Et optent plus que par le passé pour la rénovation.

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Aujourd’hui, finalement, c’est comme avant. Les jeunes âgés de vingt ans et plus rêvent tous de devenir propriétaires un jour. Mais le plus tôt possible et en tout cas, avant la quarantaine. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée récemment par le constructeur de maisons clé-sur-porte Maisons Blavier dont vous pourrez lire les détails en pages intérieures. Seulement voilà, les prix de l’immobilier en Belgique sont ce qu’ils sont. Entendez qu’ils ont grimpé alors que le monde du travail n’a pas suivi (chômage, pertes d’emploi, gel des salaires…).

Signe des temps : les jeunes veulent un logement plus petit, car plus facile d’entretien et surtout moins gourmand en termes de consommation énergétique.

Ils sont aussi beaucoup plus ouverts qu’avant sur les formes d’habitat différentes, comme le co-housing par exemple. Mais celui-ci semble avoir ses limites : si on vit ensemble, on préfère ne partager que les espaces communs comme le jardin, la buanderie ou le garage. Pour le salon et la chambre à coucher, les jeunes restent convaincus que chacun est mieux chez soi.

Reste que quand ils veulent devenir propriétaires, les candidats acquéreurs se dirigent de plus en plus souvent vers l’achat d’un logement se trouvant sur le marché secondaire que vers une construction neuve. La balance penche tellement en faveur de la première que le prochain Salon Batibouw (du 26 février au 8 mars) en fera un thème à part entière : pourquoi la rénovation est-elle devenue la numéro 1 de la classe ?

Près de 1.400 Belges ont ainsi été interrogés sur le sujet (1.385 pour la précision, 787 néerlandophones et 598 francophones). Une grande majorité se tourne vers la rénovation pour mieux répartir leur investissement dans le temps. Seuls 22 % des personnes interrogées effectuent, en effet, tous leurs travaux de rénovation en même temps.

Quant aux raisons de la rénovation, elles sont multiples mais une grande majorité (un peu plus de 70 %) affirme qu’ils le font pour économiser de l’énergie. Argent, argent quand tu nous tiens…

« Le prix est incontestablement un point crucial dans le secteur de la construction, affirme sur ce point Geert Maes, le directeur général de Batibouw. Les gens pensent encore et toujours qu’investir dans son propre logement est une excellente chose, mais ils veulent le faire de manière intelligente en optimisant les coûts. Or, échelonner les travaux dans le temps est l’un des principaux avantages de la rénovation. »

Pour en revenir aux jeunes et leur volonté de devenir propriétaires, l’abaissement de la TVA de 12 à 6 % serait évidemment un élément qui pourrait les diriger vers la construction neuve. Mais là, c’est le gouvernement qui a les clés en mains…

Les jeunes ont une brique (prudente) dans le ventre

L’entreprise de construction Maisons Blavier a réalisé récemment une étude auprès de 600 jeunes Belges. Devenir propriétaire de son habitation : tel est le rêve de ceux qui sont dans la vingtaine. Quatre-vingts pour cent d’entre eux souhaitent devenir propriétaires avant l’âge de 40 ans, et 4 sur 10 pensent même pouvoir réaliser ce rêve immobilier endéans les 5 ans. Réaliste ? Oui, puisqu’en Belgique, l’âge moyen de la première acquisition immobilière est de 30-31 ans.

Les critères de choix d’un logement ne varient guère en fonction de l’âge : tranquillité et confort sont plus importants aux yeux des jeunes que les contacts sociaux avec la famille, les amis ou les voisins. Quarante pour cent des jeunes de 20 à 24 ans préfèrent pourtant habiter en ville, soit deux fois plus que la génération des 34-45 ans.

Plus de la moitié des jeunes sondés (56 %) estime que les grandes maisons ne se justifient plus. Un répondant sur deux recherche une surface habitable de 150 à 200 m². Un entretien moindre et le souci d’économiser l’énergie expliquent cette tendance.

Bien qu’elles ne soient guère répandues encore, les formes alternatives d’habitat semblent progresser. « Il ne s’agit pas seulement d’une conséquence de la crise, mais aussi d’une volonté de retisser du lien social », précise Nicolas Bernard, professeur aux Facultés universitaires Saint-Louis et spécialiste du logement. Près de la moitié des 25 à 34 ans s’y déclare ouverte, avec une préférence pour la formule du co-housing – une habitation privée, mais avec des commodités et des infrastructures partagées, comme le jardin, le garage, la buanderie. »

Si près de la moitié des jeunes déclare ne pas avoir confiance en l’avenir, cela n’aurait étonnamment pas d’impact sur le calendrier de ces candidats acheteurs ou bâtisseurs puisque 42 % déclarent que la crise n’influencera pas leurs projets. « Ce qui est un signal encourageant pour le marché résidentiel et le secteur du bâtiment en Belgique », commente Stefan Hallez, directeur marketing de Maisons Blavier.

Hormis la modification du bonus logement, les sources d’inquiétudes des jeunes ne varient guère par rapport à leurs aînés : hausse éventuelle des taxes et prix de l’énergie arrivent en tête. Pour la majorité des répondants, le budget immobilier maximal reste fixé à 250.000 euros.

D’après l’étude, 44 % des répondants pensent que la rénovation est à l’origine moins chère qu’une construction neuve, mais qu’elle devient plus coûteuse si l’on englobe les coûts de rénovation et de logement à plus long terme.

« Faire bâtir est considéré comme plus coûteux au début, mais avec quelques incitants bien choisis, une partie considérable pourrait opter pour la construction plutôt que l’achat, ce qui améliorerait certainement la qualité du parc résidentiel belge », commente encore Stefan Hallez qui est bien placé pour savoir que de telles mesures feraient du bien à son secteur.

La Flandre est beaucoup plus friande de maisons neuves, alors que c’est la Wallonie qui dispose de plus de terrains : 20 % des jeunes Flamands préfèrent bâtir, contre seulement 6 % des francophones.

Deux tiers des répondants pensent également que l’abaissement de la TVA de 12 à 6 % pour la construction serait un incitant à faire bâtir plutôt qu’à acheter. « Un allégement de la TVA pour les constructions neuves et/ou la démolition et la reconstruction pourrait vraiment doper le secteur. Un durcissement des normes énergétiques pour la rénovation est également pressenti. Cela dit, une maison neuve est évidemment toujours plus efficiente en énergie, c’est pourquoi il est souvent plus intéressant de faire bâtir plutôt que de rénover durablement l’habitat. Pour atteindre les normes 2020 d’économie d’énergie, il faudra certainement orienter les efforts vers la construction neuve », commente notre interlocuteur.

Sachez encore que le bonus logement – déductibilité fiscale de l’emprunt hypothécaire – perd en popularité, en faveur d’un abaissement de la TVA, souhaité par près de deux tiers des répondants.

Pour 37 % des sondés, les primes publiques devraient être modulées en fonction des revenus et de la situation sociale. Un jeune sur quatre pense qu’elles devraient également dépendre de l’efficience énergétique du bâtiment ou des mesures prises. « L’accès à l’habitat est toujours plus menacé. Il faut donc mettre en place des mesures de soutien efficientes destinées à réduire l’investissement initial nécessaire pour construire ou acheter une maison. Les corrections en fonction de la situation sociale ou de la performance énergétique du bâtiment pourront certainement s’avérer utiles », conclut Stefan Hallez.

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