Woluwe-Saint-Lambert: un professeur d’extrême droite crée l’émoi aux Dames de Marie

Voilà une affaire bien embarrassante pour une école qui, pour le coup, ne peut rien se voir reprocher. Depuis la rentrée scolaire 2014-2015, l’Institut des Dames de Marie à Woluwe-Saint-Lambert compte parmi ses enseignants un certain Robert Steuckers, professeur d’anglais à mi-temps, « dont les relations publiques ont été ou sont directement liées à la création et l’animation de groupes actifs d’extrême droite (“Grece”, “Agir”, “Vlaams Blok”, “Bruxelles – Identité-Sécurité”, “Front nouveau de Belgique” (une dissidence du FN) et de leurs revues (“Vouloir”, “Orientations”…) », selon un courrier signé par la ministre de l’Enseignement de la Communauté française Joëlle Milquet (CDH), et adressé au pouvoir organisateur (PO) de l’établissement en novembre dernier. Précisant également que Robert Steuckers « participe comme orateur à des “rencontres eurasistes” en lien avec des activités organisées par le Parti anti sioniste (PAS) », ce courrier invitait ledit PO à lui « communiquer les informations nécessaires afin de pouvoir faire la lumière sur cette situation et (…) également à mettre tout en œuvre pour y remédier au plus vite ».

Embarrassant pour l’établissement, c’est peu dire : « Bien que nous fassions partie du réseau libre, nous ne sommes pas libres d’engager nos enseignants, explique Isabelle Warichet, directrice de l’Institut des Dames de Marie. M. Steuckers a été nommé à temps partiel dans deux autres établissements, et a fait valoir son droit de compléter son horaire en fonction de critères d’ancienneté. Nous devons respecter la législation. Mais il n’est pas nommé dans notre établissement. »

Même contrariété du côté du pouvoir organisateur : « Le statut de M. Steuckers nous interdit légalement de refuser son affectation, nous indique-t-on. Nous suivons ce dossier depuis septembre. L’arrivée de M. Steuckers a suscité l’émoi parmi les enseignants et au sein du PO, et nous avons fait tout ce qui était légalement possible. Mais M. Steuckers dispose d’un certificat de bonnes vie et mœurs. Comme employeurs, nous ne pouvons rien faire. » Au courrier de la ministre Milquet, le PO a d’ailleurs répondu en demandant conseil à son cabinet sur la façon dont, comme la ministre le souhaite, il pourrait procéder pour « remédier au plus vite » à la situation.

Joëlle Milquet a également demandé à propos de Robert Steuckers une « mission d’enquête par le Service général de l’Inspection » au motif que ce dernier « semble participer à des activités extraprofessionnelles incompatibles avec sa profession », précise le courrier. « On attend le rapport de l’Inspection », réagit-on laconiquement au cabinet de la ministre.