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Le 11h02 spécial avec Kroll : « Je n’ai envie que d’une chose, reprendre mon crayon »

Pierre Kroll et Béatrice Delvaux ont répondu à vos questions sur les suites de l’attenttat contre Charlie Hebdo.

Par la rédaction

Temps de lecture: 4 min

Continuer à s’indigner, c’est une évidence ?

Béatrice Delvaux. Nous sommes traversés par deux sentiments : comprendre ce qui s’est passé, décoder. Mais nous sommes aussi frappés de stupeur, nous nous posons des questions sur le monde dans lequel on vit et tel qu’il évolue.

Pierre Kroll, vous êtes déjà venu plusieurs fois à notre micro…

Il ne faut pas se révolter contre la terre entière. Il faut garder l’espoir de vivre dans un monde meilleur. Ce qui ne veut pas dire que nous devons faire du politiquement incorrect comme le font certains. Ceux qu’on a tués, étaient ceux qui rêvaient d’un monde meilleur. Nous devons continuer, nous, caricaturistes aussi. Reconstruisons une tour encore plus grande, comme ils l’ont fait à New York avec le nouveau World Trade Center.

C’est la presse qu’on assassine ?

Béatrice Delvaux. Si on regarde dans l’histoire, beaucoup ont été tués pour avoir écrit ce qu’ils pensaient. Les pouvoirs forts ont toujours été meurtriers vis-à-vis de ceux qui sortaient des balises habituelles. Ce que je crains le plus, c’est une espèce d’intégration individuelle d’autocensure. Les rédacteurs en chef, les éditeurs de presse, doivent rester extrêmement solides et réaffirmer que leurs journalistes doivent faire leur métier.

Vous sentez-vous soutenu dans votre métier ?

Pierre Kroll. Il suffit de jeter un œil sur ma page facebook, des milliers de gens s’y sont exprimés. Les dessinateurs de presse sont aimés. Je ne pensais jamais que nous serions au front d’une guerre avec des gens à terre. Certes, nous sommes mandatés pour prendre des risques, mais je ne pensais pas qu’ils étaient importants à ce point. Charlie Hebdo ouvrait des débats. Les dessins n’étaient pas haineux.

Béatrice Delvaux. On ne pense jamais qu’un caricaturiste est la personne la plus visée dans une rédaction. Mais en fait, les dessinateurs dérangent, souvent plus que des journalistes, par la puissance du dessin. On ne supporte pas le fait que les caricaturistes se moquent du puissant.

« Charlie Hebdo » avait reçu de nombreuses menaces ?

Pierre Kroll. Un piège nous est tendu, celui de se tromper de débat, de commencer à remettre en question le vivre-ensemble. Cela n’a rien à voir avec ces événements.

Béatrice Delvaux. Certains réagissent comme s’il y avait subitement le « eux », les musulmans, et le « nous », les non-musulmans. Or, le « Nous », ce sont les démocrates, « eux », ce sont les barbares et les terroristes, pas les musulmans, qu’ils vivent ici ou dans d’autres pays.

Pierre Kroll. Certains voudraient que les dessinateurs commencent à dessiner des caricatures à tout va. Ce serait la plus grande bêtise à faire. Nous ne sommes pas là pour déranger les musulmans dans leur croyance et leur foi.

Béatrice Delvaux. Un bon dessin jaillit d’une actualité et ne doit pas être fait dans tel ou tel but. La vraie impertinence ne vient pas de ces dessins-là. Il est important de sortir d’une émotion et livrer les faits une fois qu’ils sont vérifiés. Ce fut pareil lors de la mort de Joe Van Holsbeeck à la gare centrale. Durant les premières heures, on a accusé les auteurs d’appartenir à une communauté, qui n’avait rien à voir là-dedans.

Avez-vous peur ?

Pierre Kroll. Non. Mon métier n’est pas de dessiner des caricatures de Mahomet tous les jours. Mais de dessiner les gens qui sont au-devant de l’actualité.

Béatrice Delvaux. Vincent de Coorebyter avait eu une analyse très intéressante concernant les jeunes qui partaient faire le djihad. C’est un thème assez universel qui renvoie au sentiment d’appartenance, à l’envie de se réaliser dans quelque chose. Dès l’instant où des jeunes se réalisent en commettant des attentats, c’est qu’il y a un gros problème sur lequel il convient de s’interroger. Il est important de comprendre cela pour que des actes comme l’attentat à Charlie Hebdo ne se reproduisent pas à tout moment. Un autre débat sera de voir s’il faut ou non que les musulmans s’expriment sur ces événements. Encore une fois, il faut refuser de diviser la société entre « nous » et « eux ».

 

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