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Dans cette école, «tout le monde n’est pas Charlie»

La minute du silence en mémoire des victimes de Charlie Hebdo a été chahutée dans un collège de Rhône-Alpes.

Temps de lecture: 2 min

Le drame survenu hier n’a laissé personne indifférent. Parfois, la réaction peut être surprenante. Marianne est enseignante dans un collège de Rhône-Alpes. Lors de l’annonce, à sa classe, d’une minute de silence pour les victimes, les élèves de confession musulmane ont largement exprimé leur désaccord.

« Déjà ce matin, à 8h, quand les gosses sont arrivés, la tension était palpable. Certains n’ont pas hésité à crier ‘On est pas Charlie ! On vous a bien niqué !’ », explique Marianne.

C’est vers 11h que les choses empirent. « La directrice nous envoie un message concernant la minute de silence qui doit être organisée à midi. Nous avions la consigne de lire un communiqué de l’éducation nationale pour informer les élèves. Directement, 13 élèves se sont levés en répétant les phrases criées ce matin. »

Marianne réagit directement et demande à ces élèves, qui ont entre 14 et 15 ans, d’aller s’expliquer à la direction. Ce ne sont pas les seuls, une majorité des collégiens de confession musulmane ont eu la même réaction. Dans chaque classe, des tensions sont apparues.

« La journée a vraiment été tendue. Ces élèves jouent la provocation. C’est triste mais il s’agit d’un groupe de 2 – 3 jeunes intégristes qui arrivent à entraîner tous les autres. »

Une grenade avait été lancée, le matin même, sur une mosquée de la ville. « Cet incident n’a certainement rien arrangé et puis, soyons francs, imposer une minute de silence à ces élèves, c’est un peu étrange. »

L’enseignante confie qu’en temps normal, il n’y a pas trop de problème. C’est même, pour elle, plutôt un plaisir d’enseigner dans ce collège. «  Nous avons une forte communauté turque musulmane et le seul problème que je déplore est l’antisémitisme. Quand nous débattons sur la Shoah ou la guerre, les propos envers les juifs ne sont pas tendres. »

Ces élèves réagissent comme ça, selon Marianne, en réaction au conflit Israélo – Palestinien. «  Ils se sentent vraiment oppressés par le gouvernement français, qui soutient l’était israélien. »

Marianne ne se dit pas étonnée par ces réactions mais déplore que cela prenne une telle ampleur.

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