Attentats à Paris: la femme d’un otage fustige en direct les risques pris par BFMTV (vidéo)

Depuis mercredi, et l’attentat perpétré contre Charlie Hebdo, le traitement médiatique de la traque des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, des diverses opérations policières et des prises d’otages ne cesse de faire débat. Ainsi, les chaînes d’information en continu n’ont cessé de relater des éléments de l’enquête qu’elles possédaient, tout en diffusant en direct jour et nuit les images des recherches. Aussi bien les responsables politiques, comme Manuel Valls, que le CSA ont rappelé les rédactions à l’ordre en appelant à la responsabilité des médias de ne relayer que des éléments qui ne compromettaient pas le bon déroulement de l’enquête, et qui ni mettaient personne en danger.

« BFM a failli faire une grosse erreur »

Samedi soir, la femme d’une des personnes retenues en otage par Amedy Coulibaly dans la supérette casher de la Porte de Vincennes a fustigé le comportement de BFMTV alors qu’elle était interrogée en direct par une journaliste de la chaîne.

« C’était vraiment très dur d’avoir attendu mon mari pendant 5 heures. Mais, heureusement, il est sorti indemne. J’ai tout suivi auprès de la police. Mais, BFM a failli faire une grosse erreur », a-t-elle lancé.« Vous étiez en direct avec les gens qui étaient dans la chambre froide. Ils vous ont dit qu’ils étaient six en bas, avec un bébé. Et, deux minutes après, c’est passé sur BFM. Heureusement qu’il n’a pas vu la bande qui passait en bas de l’écran sinon mon mari et les cinq autres étaient morts. S’il le voyait, il descendait et mitraillait tout le monde. Il était persuadé qu’il n’y avait plus d’autres personnes à l’intérieur.»

Et de conclure, avant d’être coupée : « Trop d’informations tuent l’information ».

Des situations rocambolesques

Il est vrai que l’on a assisté à des situations rocambolesques comme le suivi en direct des perquisitions du GIGN à Reims à seulement quelques mètres de celui-ci mercredi, la traque des suspects dans plusieurs villages près de Villers-Cotterêts jeudi, le suivi d’un convoi de police qui se rendait, à 100km/h sur une nationale, sur les lieux de la prise d’otage de Dammartin vendredi, où des caméras étaient braquées en permanence vers l’imprimerie. Une diffusion continue qui peut permettre aux preneurs d’otages de prendre connaissance d’éléments stratégiques du camp adverse, comme la position géographique des forces spéciales. Et compromettre une éventuelle intervention.

Dans le feu de l’action, un journaliste a précisé en direct qu’il n’enfreignait pas les consignes de la police en se trouvant dans une zone « autorisée », d’où l’on pouvait apercevoir l’imprimerie de Dammartin. Comme si le besoin de se justifier se faisait sentir…

Record d’audience pour BFMTV

Pour rappel, durant la journée de vendredi, la chaîne est entrée en contact avec deux des trois preneurs d’otages. Mais, pour ne pas compromettre le bon déroulement des opérations, elle ne l’a révélé qu’à l’issue des deux assauts. Celui de la Porte de Vincennes n’a pas été diffusé en direct, à la demande de la police. Mais, comme un échange de bon procédé, les caméras ont tout de même été autorisées à tourner depuis des immeubles voisins, pour une diffusion différée.

Près de 3,9 millions de téléspectateurs étaient branchés sur BFMTV à 17h38 pour suivre le dénouement de la traque. La chaîne a ainsi enregistré une part de marché historique de 13,3 % de marché sur l’ensemble de la journée, battant son record de la veille.