S'identifier S'abonner

Plus de 3,7 millions de personnes réunies contre le terrorisme: une mobilisation historique en France

La grande marche contre le terrorisme a réuni chefs d’État et citoyens à Paris mais aussi en province. Un record d’affluence a été enregistré.

Par la rédaction

Temps de lecture: 5 min

Environ 1,5 million de personnes et une cinquantaine de dirigeants et responsables étrangers ont défilé à Paris, érigée en « capitale du monde », dans une marche historique contre le terrorisme en hommage aux 17 personnes tuées dans des attentats. Le pays a quant à lui rassemblé plus de 3,7 millions de personnes.

Alors que la foule se dispersait en milieu de soirée à Paris, « aucun incident » n’a été à déplorer, a indiqué la police.

« Paris capitale de la tolérance »

Ce dimanche soir, Manuel Valls a déclaré remercier tous ses compatriotes. « Paris capitale de la tolérance. Le peuple français, un peuple incroyable, a apporté aujourd’hui la plus belle réponse. Mais elle doit s’inscrire dans le temps. » a-t-il déclaré avant de remercier les forces de l’ordre. « Sans vous, ce qui s’est passé aujourd’hui n’aurait pas été possible ».

Dirigeants du monde entier bras dessus, bras dessous, familles des victimes le front ceint d’un bandeau blanc, personnalités, partis, syndicats, groupes religieux juifs, chrétiens, musulmans, associations mais surtout simples citoyens : une foule monstre s’est constituée à Paris, bien au-delà du parcours prévu. « Paris est aujourd’hui la capitale du monde », a salué le président français, François Hollande, à la mi-journée. « Le pays tout entier va se lever vers ce qu’il a de meilleur ».

Un record historique

Le ministère de l’Intérieur n’a pu établir un comptage précis à Paris face à l’ampleur de la mobilisation : pas tout à fait certain que la foule parisienne, grave et frondeuse à la fois, ait dépassé le record de 1,5 million de personnes réunies après la victoire au Mondial de football de 1998.

Mais dans la France entière, c’est sans l’ombre d’un doute un record historique depuis la Libération, devant les 3,5 millions de personnes mobilisées contre la réforme des retraites en 2010 – ces chiffres étaient ceux des organisateurs, la police avait annoncé 1,2 million de manifestants.

Une surveillance policière très forte

La place de la République, lieu de départ de la manifestation, était noire de monde dès le début de la marche, à 15 heures, sous très forte surveillance policière.

Des milliers de manifestants s’étaient amassés dans un vaste périmètre autour de la place, avec de nombreuses pancartes « Je suis Charlie ». « Charlie, Liberté ! », scandait la foule, où flottaient de nombreux drapeaux français vendus à la sauvette, mais aussi d’autres étrangers. La Marseillaise s’est élevée à plusieurs reprises. Mais c’est le silence et le calme qui dominaient au début de la manifestation.

C’est « un vrai signe de la force de la France. Que la France, elle est forte, elle est unie contre toutes ces personnes » extrémistes, se réjouit Lassina Traoré, un Français de 34 ans de confession musulmane venu très en avance.

Sommet diplomatique

Cette marche était au départ un hommage aux victimes des trois djihadistes revendiqués, à commencer par les irrévérencieux dessinateurs de Charlie Hebdo massacrés mercredi, puis une jeune policière tuée jeudi, et quatre juifs assassinés dans un supermarché casher vendredi.

Mais c’est aussi devenu un sommet à haute résonance diplomatique. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le président palestinien, Mahmoud Abbas, et le couple royal jordanien étaient présents, de même que le président ukrainien, Petro Porochenko, et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Ont participé aussi les plus hauts dirigeants européens, d’Angela Merkel à David Cameron, de Mariano Rajoy à Jean-Claude Juncker en passant par Matteo Renzi, ainsi que huit présidents africains. Avant François Hollande, seul un président français avait déjà participé à une manifestation de rue : François Mitterrand, en 1990, après la profanation du cimetière juif de Carpentras.

« L’Europe va gagner le défi contre le terrorisme », a estimé le chef du gouvernement italien en se rendant à la manifestation. Moins optimiste, son homologue britannique a prévenu que la menace djihadiste serait « avec nous pour encore beaucoup d’années ». Des dirigeants plus controversés, comme Viktor Orban (Hongrie) ou Ali Bongo (Gabon), avaient aussi fait le voyage. La Turquie était représentée par son Premier ministre, Ahmet Davutoglu.

Au total, ce sont une cinquantaine de dirigeants étrangers qui se sont retrouvés à l’Elysée en début d’après-midi avant de rejoindre, en cars, la manifestation avec François Hollande. Arrivés sur place, ils ont offert une image de rassemblement, alignés en silence et entourant le président français, Angela Merkel à sa gauche. Une minute de silence a été observée.

Le gouvernement français au grand complet était présent. Du côté des anciens présidents, si Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac ont décliné, Nicolas Sarkozy était là. Et les ex-chefs de gouvernement étaient au complet, de Michel Rocard à Jean-Marc Ayrault, en passant par Alain Juppé ou Lionel Jospin.

Un rassemblement « du peuple »

À l’Élysée, même si on salue « la mobilisation internationale exceptionnelle », on assure qu’il s’agit d’abord du « rassemblement du peuple français ». Ce que confirme un sondage Ifop Paris Match : 97 % des Français jugent nécessaire l’unité nationale.

Des familles étaient venues également. « Ceux qui ont un fusil et qui tuent des gens sont lâches », explique Jean-Alain, 39 ans, à son fils Alessandro, 7 ans, sur la place de la République. « On voulait venir ici pour que ce soit concret pour lui, qu’il voie qu’on pense tous la même chose », a expliqué le père.

Un panneau signalétique collé sur la statue centrale rebaptise la grande place parisienne « Place de la liberté d’expression ». Tous les panneaux publicitaires sur le parcours affichent « Je suis Charlie ».

Des rassemblements dans toute la France

D’impressionnants rassemblements ont également eu lieu ailleurs en France, notamment à Lyon, Bordeaux, Saint-Etienne (60.000 participants), Perpignan (40.000) ou encore Rennes (60.000). Mais de fortes mobilisations étaient également rapportées dans des villes plus petites : à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), ville de 8.000 habitants où s’est déroulé l’assaut contre les deux frères Kouachi, près de 10.000 personnes ont défilé.

À Lyon, où plus de 150.000 personnes étaient présentes selon les organisateurs, de nombreuses personnes étaient en larmes, dans une ambiance silencieuse et avec un cortège qui a dû être rallongé. Un homme a brandi devant les caméras, nombreuses, 4 crayons de couleur « qui représentent mes 4 petits enfants. Je veux que plus tard ils aient la liberté d’expression ».

Au total, en France, les manifestations ont réuni dimanche au moins 3,7 millions de personnes, selon des chiffres provisoires fournis par les autorités.

Comme samedi, des rassemblements ont lieu dans de nombreuses villes à l’étranger, à Bruxelles (20.000 personnes), Londres, Berlin ou Madrid notamment.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Retour en haut du site Belgique Monde Économie Sports Culture Opinions Techno Sciences et santé So Soir Soirmag Images Le choix de la rédaction Dossiers Archives Bourses Trafic Météo Programmes télé Club du Soir Nous contacter RSS Les voyages du Soir La boutique SoSoir Petites annonces Annonces immobilières Gocar Bons plans Comparateur Guide d'achat Codes promos Belgique Faire-part et cartes de vœux Photobook Les Œuvres du Soir Toutes nos archives Gérer les cookies Rossel Rossel Advertising References Cinenews Out.be L'Echo SudInfo Metro Kotplanet.be Grenz Echo La Voix du Nord Vlan Rendez-vous En mémoire Sillon belge App Store Optimization Immovlan VLANSHOP