Alerte à la bombe au Soir: un suspect a été interpellé

Stupeur dimanche à la rédaction du Soir : en début d’après-midi, la rédaction du Soir recevait un coup de fil menaçant : « Ça va péter dans votre rédaction. Vous ne nous prenez pas au sérieux. ».

L’individu qui a contacté le journal Le Soir, Thierry Carreyn, ex-imprimeur de 53 ans, a été interpellé à Mouscron et a été entendu. Il risque entre 3 mois et 2 ans de prison pour fausse alerte à la bombe, a indiqué lundi le parquet de Bruxelles, qui n’a pas encore saisi de juge d’instruction dans le cadre de ce dossier ni requis de mandat d’arrêt.

Un homme connu des services de renseignement

L’homme se revendique de « l’extrême gauche », et dit vouloir arrêter la couverture médiatique de l’attentat contre Charlie Hebdo, qui selon lui nourrirait l’« extrême droite ». Thierry Carreyn n’en est pas à son coup d’essai : il avait en 1999 réussi à faire exploser une cabine téléphonique devant le Vlaams Blok (aujourd’hui Vlaams Belang) place Madou, à Bruxelles, à l’aide d’un explosif composé d’un extincteur. Il n’y avait à l’époque eu que des dégâts matériels. Proche des milieux anarchistes et révolutionnaires, il avait posté énormément de commentaires sur la tragédie de Charlie Hebdo ces derniers jours. Il avait déjà commis certains faits en 1996 qualifiés d’attentat en crevant les pneus d’une voiture.

L’identité du suspect est donnée à titre conditionnel. La police aurait tenté de localiser un couple, également au titre de suspects éventuels, mais cette piste n’a donné aucun résultat concret. La piste de Thierry Carreyn était quoi qu’il en soit prise au sérieux. La preuve, par ailleurs, que le climat a fondamentalement changé depuis le massacre perpétré dans les bureaux de Charlie Hebdo.

La rédaction évacuée

La rédaction ainsi que toutes les personnes présentes dans le bâtiment (les rédactions de La Capitale et Soir Magazine) étaient immédiatement évacuées suite à cet appel téléphonique. Direction le Motel One situé à côté des bureaux du Soir, où la rédaction investissait les lieux de manière improvisée avec quelques ordinateurs extirpés des lieux à la sauvette. Pour les journalistes, il n’est pas question de remettre l’édition en question.

D’autres rédactions ont manifesté un véritable élan de solidarité et proposé, comme les rédactions de L’Echo et du Tijd, leurs locaux. Même les bureaux tout proches de l’autorité des marchés – la FSMA – ont été mis à disposition du Soir…

La sécurité renforcée

Finalement, la rédaction a réintégré les locaux aux alentours de 20 heures, après (longue) réflexion de la magistrate en charge de l’affaire, laquelle avait en mémoire les faits passés pour justifier l’investigation poussée des lieux, notamment avec des chiens policiers. En fin de soirée, le parquet de Bruxelles confirmait l’arrestation d’un suspect aux initiales de « T.C.»…

« Cette alerte à la bombe en ce jour emblématique en termes de liberté d’expression, c’est juste fou ! », a déclaré Didier Hamann, directeur général du « Soir ». « Ce qui aurait été pris à la légère il y a cinq jours et aurait même paru totalement impensable, a été pris très au sérieux. » a-t-il ajouté.

À la suite de ces péripéties, des mesures discrètes seront prises afin de renforcer la sécurité du quotidien, a ajouté le directeur général.