La Flandre gèle les subsides pour les crèches

Le gouvernement flamand gèle les subsides pour la construction de crèches néerlandophones dans la capitale. Il manquerait pourtant 4.000 places pour atteindre le taux de couverture de 50 %.

Journaliste au service Bruxelles Temps de lecture: 3 min

Depuis plusieurs années, le gouvernement flamand via le fonds VIPA (Vlaams Infrastructuurfonds voor Persoonsgebonden Aangelegenheden) subsidiait la construction de homes, centres pour personnes handicapées et crèches en Flandre et à Bruxelles. Pour 2015 et 2016, il a décidé de ne plus accepter de nouveaux projets. Pour Bruxelles, cela risque de stopper une partie des futures constructions.

À cause de la croissance démographique, la capitale a besoin de plus de crèches. Actuellement un taux de couverture de 30 % est atteint alors que la norme européenne dite de Barcelone a fixé l’objectif de 33 %. Certaines associations, notamment féministes, réclament un taux de couverture de 100 %. En Flandre, comme à Bruxelles, les nouvelles majorités ont indiqué vouloir atteindre les 50 % tout en proposant une meilleure répartition géographique.

Beaucoup de crèches bruxelloises choisissent aussi de demander leur agrément auprès de l’organisme flamand Kind&Gezin dont les normes sont moins strictes même si, depuis 2014, la direction et les puéricultrices doivent prouver leur connaissance du néerlandais. Vu le manque de places, beaucoup de familles francophones choisissent d’inscrire leur bébé dans les établissements néerlandophones de Bruxelles. Le gel du fonds VIPA aura donc des répercussions sur toutes les familles, quelle que soit la langue parlée à la maison.

« Le fonds VIPA rembourse 60 % du prêt pour l’infrastructure des crèches néerlandophones, explique la députée SP.A Elke Roex. Cela représente environ 7 millions d’euros par an pour Bruxelles. Sans cet argent, il sera impossible de présenter de nouveaux projets. C’est comme si la Flandre abandonnait Bruxelles. On ne peut pas laisser les francophones gérer à eux seuls le boom démographique. »

La ministre bruxelloise en charge de la petite enfance pour la VGC, Bianca Debaets (CD&V), a déjà été interpellée par la députée socialiste et affirme « vouloir discuter du problème avec le ministre flamand Jo Vandeurzen (CD&V) pour trouver une solution pour Bruxelles. »

La VGC donnait également 40 % de subsides pour les projets de construction et le fonctionnement des crèches néerlandophones de la capitale. Cette enveloppe continuera à exister. « Nous allons regarder les projets existants et étudier s’il est possible d’utiliser cet argent pour les agrandir, explique-t-on au cabinet de Bianca Debaets. Ce ne seront pas de nouveaux dossiers mais cela nous permettra d’augmenter tout de même le nombre de places. »

Les seuls dossiers qui pourraient voir le jour pour la communauté néerlandophone viendront des contrats de quartier financés par la Région bruxelloise. Seulement, l’accord prévoit que seules 20 % des infrastructures d’accueil de la petite enfance soient néerlandophones. Avec ce gel, il sera difficile pour le gouvernement flamand d’atteindre le taux de couverture de 50 % d’ici 2020.

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