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Le 11h02: «L’armée n’a pas sa place dans la rue»

Marc Metdepenningen a répondu à vos questions.

Par la rédaction

Temps de lecture: 4 min

Fausse alerte à la bombe ce mardi à Etterbeek, fausse alerte dimanche dans les bâtiments du Soir…

Les alertes à la bombe sont dans la grande majorité des cas heureusement fausses. On se souvient par contre de l’attentat des CCC rue des Sols, à Bruxelles, où l’alerte n’avait pas été entendue. Il faut rester prudent mais ces alertes sont d’un niveau relatif. Quand une alerte vise la Palais de Justice de Bruxelles, on fouille les lieux. Mais le terroriste avisé ne va pas prévenir. Cela participe à l’installation du climat de psychose. On entend même des policiers dire avoir peur. On est dans une société où le principe de précaution est poussé à l’extrême. Mais ces mesures de prévention ne contreront jamais la détermination d’un criminel.

Le niveau d’alerte a été relevé de 2 à 3 en Belgique. Qu’est-ce que cela signifie ?

C’est un niveau de contrôle renforcé. Le niveau ordinaire est 2. On est toujours à 4 pour les lieux à risques, notamment ceux de la communauté juive. Et ces derniers jours, il y a eu renforcement de la surveillance de la police dans les gares, par exemple. Cela est-il justifié ? C’est peut-être politiquement incorrect de le dire, mais si l’on regarde le nombre d’attentats ces dix dernières années en Belgique, il y a évidemment eu celui du Musée Juif, intolérable, mais qui reste isolé. Comme il est probable que celui qui a visé Paris demeurera isolé, même si on ne peut se prémunir de rien.

Les frères Kouachi et Amédy Coulibaly, les terroristes, affirment avoir agi de concert. Crédible ?

On affecte à Daesh et Al-Qaïda l’ordre de passer à l’action. Mais est-ce crédible ? Je crois que non. Certes, les terroristes avaient des contacts avec ces milieux djihadistes, mais il y a beaucoup d’incohérences dans leurs déclarations. Ils se revendiquent de deux groupes opposés, en guerre. Si l’on se penche sur les actes présumés ou avérés de Coulibaly, beaucoup de choses échappent à une logique d’attaques simultanées avec celles des frères Kouachi. Par ailleurs, et c’est le cas également pour Merah et Nemmouche, aucun groupe terroriste n’a jamais revendiqué la paternité de ces actions. Or, un acte terroriste vaut par deux choses : d’une part par la terreur qu’il inspire et la déstabilisation éventuelle, d’autre part par la revendication et la glorification que ces mouvements recherchent.

Certains membres du gouvernement disent que des attentats ont été déjoués en Belgique, d’autres que non. Cacophonie ?

L’état de menace, c’est quelque chose de permanent. On sait que des Belges partent en Syrie pour y combattre et en reviennent. C’est préoccupant, ça l’est depuis des années. Le gouvernement dit qu’on a pu éviter la possibilité de plusieurs attentats. Mais on n’a pas déjoué de projet concret d’attentat. Il y a plutôt une dramatisation de la part du gouvernement, pour se prémunir de toute responsabilité dans le cas où un attentat se produirait.

Faut-il mettre des militaires en rue en Belgique, à l’instar du plan Vigipirate en France ?

Jusqu’à présent, l’armée n’est pas incluse dans le dispositif de sécurisation de l’espace public belge. On a connu cela au moment des années de plomb, au milieu des années 80, au moment des CCC et des tueries du Brabant. Ce fut un choc visuel extraordinaire qui n’a servi à rien. L’armée n’a pas sa place dans la rue. Elle n’a aucun pouvoir pour agir sur le citoyen, pas de pouvoir d’interpellation. Cela accroît plutôt le sentiment d’insécurité. De la même manière, ne pas dire au public pourquoi, en 2009, le feu d’artifice du Nouvel an a été annulé à Bruxelles participe du sentiment d’insécurité.

La Belgique a-t-elle les moyens de se prémunir contre un attentat ?

Oui. On a 42.000 policiers, c’est largement suffisant. On a certes des problèmes d’affectation de moyens. Où se passe le recrutement des terroristes ? Essentiellement sur les réseaux sociaux. Il faut certainement renforcer ces dispositifs-là parce que la guerre moderne passe par là. Notre police doit se mondialiser, en quelque sorte, et s’adapter à ce que la criminalité a développé. Aucune mesure de sécurité telle que celles envisagées par le gouvernement Michel n’aurait permis de déjouer l’attentat du Musée Juif. Les mesures à venir, même les plus excessives ne permettront pas de contraindre d’autres candidats terroristes. La précipitation est toujours mauvaise conseillère.

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