Charlie Hebdo enfin chez lui, en librairie

Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

Il y a une semaine jour pour jour, les journalistes et caricaturistes de Charlie Hebdo étaient massacrés, en deux minutes, pas plus. Charb, Tignous, Cabu, Wolinski, Honoré, les « crayons » stars du journal, mais aussi les chroniqueurs Bernard Maris et Elsa Cayat ainsi que le correcteur Mustapha Ourrad, ont été assassinés. Que la tuerie prenne place en pleine réunion de rédaction n’ajoute rien à l’horreur en tant que telle, mais cela transperce d’autant plus ceux qui savent toute la symbolique d’un geste posé au cœur du réacteur d’un journal. La réunion de rédaction, c’est la grand-messe quotidienne des journalistes, là où on « s’engueule », on débat, on rit. C’est là qu’on fait cette fameuse « gazette », c’est là qu’on décide de sa une, de son chemin de fer, c’est de là que partent les envoyés spéciaux et les enquêteurs.

Depuis mercredi dernier, le monde s’est mobilisé pour défendre la liberté d’expression ensanglantée, et soudain mise en grand danger de mort. Même ceux qui ne pensaient pas comme Charlie Hebdo, n’aimaient pas le genre Charlie Hebdo, s’étaient sentis insultés par Charlie Hebdo, notamment pour sa moquerie des cultes (de tous les cultes), ont marché dans les rues, le plus souvent sous la bannière « Je suis Charlie », mais surtout au nom de la défense de la liberté.

Aujourd’hui, le fameux Charlie est de retour à sa place : pas à la une de l’actu, mais dans les kiosques, chez les libraires, dans les boîtes aux lettres de ses abonnés. Hébergés (protégés) par le quotidien français Libération, les survivants du magazine se sont rassemblés pour sortir leur « canard ». Parce que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. Parce que la non-parution du titre aurait été comme une deuxième mort pour les victimes, qu’on imagine même plus douloureuse encore à leurs yeux de combattants et d’hommes libres.

C’est pourquoi Le Soir, en compagnie d’une série d’autres journaux, publie aujourd’hui deux pages des dessins de ce Charlie Hebdo. Histoire de marquer le retour à la normalité pour un titre de presse, qui n’est réalisé que pour être publié.

Pas question ici d’être d’accord ou pas avec le contenu du magazine satirique français – pour rappel, nous n’avions pas publié à l’époque les caricatures danoises. Il n’est pas question de contenu mais de la défense d’un principe, en étant un maillon de cette chaîne qui proclame : même pas mort, la vie reprend, comme avant.

Nous insérons également dans notre journal une offre d’abonnement à Charlie Hebdo. C’est absolument exceptionnel, mais comment dire qu’on est solidaire, sans proposer, à ceux qui le souhaitent, la possibilité concrète de soutenir le magazine ? Une manière, pour notre rédaction, de joindre les actes aux paroles.

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