Comment conduire son auto en mode éco

Le Salon de l’auto ouvre sur ce constat : l’éco-conduite apparaît comme le moyen le plus rapide et le moins coûteux pour préserver la planète et son porte-monnaie.

Temps de lecture: 5 min

Présenter des voitures toujours plus propres. Ce défi majeur pour la planète, la Fédération Belge de l’Industrie Automobile et du Cycle (Febiac) l’a compris depuis bien longtemps, elle qui ouvrira les portes du Salon de l’Auto à Brussels Expo ce vendredi au grand public. C’est pour cela que, lors de cette édition 2015, l’accent sera mis sur les solutions alternatives à nos bonnes vielles bagnoles à essence ou diesels. Et pas que de manière statique, puisqu’une piste d’essais spécialement dédiée à ces solutions moins polluantes sera installée devant le Palais 2. De quoi rendre tangibles les plaisirs des voitures électriques, hybrides rechargeables ou encore au gaz naturel.

Ces initiatives ne peuvent que réjouir… la terre entière, même si elles ne connaissent encore qu’un succès très limité, surtout en Belgique. Notre pays fait en effet partie des plus à la traîne d’Europe en la matière, nos politiciens semblant très peu se soucier de cette problématique pourtant capitale. Vu le peu de points de recharge pour voitures électriques ou hybrides et l’absence de stations distribuant du gaz naturel en Wallonie, il n’est en effet pas étonnant que ces solutions encore très chères – et bien trop peu subventionnées – ne rencontrent pour le moment qu’un simple succès d’estime.

Heureusement, les constructeurs automobiles, eux, bougent nettement plus vite que nos représentants. Et ils ne se contentent pas de développer de nouvelles solutions plus ou moins révolutionnaires : les consommations et donc les émissions de CO2 de nos voitures traditionnelles ne cessent de baisser, parfois de 30 % d’une génération à l’autre. Mais on arrive au bout de ces possibilités d’économies « faciles ». Il va désormais falloir passer à des technologies nettement plus onéreuses (électrification, hybridation, « hydrogénisation »…) pour continuer à voir baisser ces consommations et émissions moyennes de manière aussi spectaculaire.

En attendant que ces solutions se démocratisent, il existe deux possibilités : rouler au gaz naturel (mais c’est compliqué en Wallonie) ou revoir sa manière de conduire. Plusieurs écoles, dont celle du RACB (lire ci-dessous), dispensent en effet des cours d’éco-conduite. Elles permettent, selon le stagiaire, de gagner entre 10 et 20 % de carburant, en appliquant des principes finalement assez simples. Diable, si chaque belge suivait ces cours, la circulation automobile émettrait environ 15 % de CO2 et d’émissions polluantes en moins. De quoi faire réfléchir et se dire que ce serait évidemment, aussi, tout bénéfice pour notre porte-monnaie.

Test : les six enseignements de notre stage d’éco-conduite

L’éco-conduite, qui vise à diminuer sa consommation de carburant et ses émissions polluantes, cela s’apprend, notamment à la Peugeot Driving Academy à Nivelles. C’est là que nous avons suivi un stage. Au programme, de la théorie suivie d’un trajet en voiture d’une demi-heure à parcourir deux fois et constitué de routes extra-urbaines et d’autoroutes. Notre première boucle est parcourue sans les conseils éco de l’instructeur et se solde par une moyenne de 5,12 l/100 km. Un score obtenu grâce à quelques bases dans l’éco-conduite et une attention de tous les instants, mais 7 % supérieur à celui obtenu par l’instructeur. À l’issue de cette boucle, un ordinateur de bord très sophistiqué permet à l’instructeur de passer en revue toutes les données relevées et de les analyser avec l’élève. Au terme de la deuxième boucle, grâce aux conseils de Marc, nous avons réussi à baisser la consommation moyenne de 12 % pour atteindre un très raisonnable 4,5 l/100 km.

1 Planifier ses trajets. « Avant même de prendre la route, vous pouvez déjà réduire votre consommation », explique Marc, notre instructeur du jour. Comment ? En éliminant les trajets très courts, mais également en organisant mieux les différents petits trajets habituels afin de privilégier au maximum l’utilisation de la voiture une fois le moteur à température. Privilégier les grands axes et tenir compte de l’info trafic pour éviter tout ralentissement inutile s’avèrent également pertinents.

2 Alléger son véhicule. Afin de diminuer la consommation moyenne des véhicules, les constructeurs automobiles ont tendance à réduire la masse de la voiture. En évitant au maximum de surcharger le coffre de bagages inutiles, vous pouvez également faire quelques économies. De même, des barres ou un coffre de toit, en plus de leur masse, altère fortement l’aérodynamique de tout véhicule. À 120 km/h, la surconsommation entraînée par un coffre de toit peut atteindre 20 %.

3 Soigner ses pneus. L’entretien du véhicule est également primordial. Filtre à particules, bougies ou injecteurs constituent autant d’organes sur lesquels il faut veiller afin de diminuer sa consommation. Les pneus nécessitent aussi un soin tout particulier et un contrôle régulier. Non seulement parce qu’ils constituent un élément de sécurité souvent négligé, mais aussi parce qu’une sous-pression de ceux-ci peut entraîner une surconsommation. Qui a déjà roulé en vélo avec un pneu dégonflé peut aisément le comprendre. Augmenter la pression en cas de chargement important n’est pas superflu non plus. Les pneus « green » permettent aussi de diminuer la consommation mais il faut garder à l’esprit que meilleure résistance au roulement rime parfois avec moins bonne tenue de route.

4 Anticiper un maximum. Le maître mot en matière d’éco-conduite, comme en matière de sécurité, est sans aucun doute « l’anticipation ». Porter son regard loin et analyser la route devant soi permet, plus que l’on peut le penser, d’éviter tout freinage et accélération inutile. Refaire le parcours sous les conseils de l’instructeur permet ainsi de se rendre compte de la quantité d’informations relatives à l’environnement qu’il est nécessaire d’analyser afin de réduire sa consommation. Que ce soit le feu de signalisation au loin, le panneau de sortie d’agglomération ou la descente qui s’annonce, il faut tenir compte de nombreux éléments.

5 Bien doser l’accélérateur. Accélération doit rimer avec précision. « La voiture doit répondre à votre demande », révèle notre instructeur. Soyez doux avec la pédale de droite. Mais accélérer trop faiblement peut aussi entraîner une surconsommation.

6 Embrayer avec doigté. Changer de rapport au bon moment constitue également une des clés d’une consommation maîtrisée. Inutile de monter trop haut dans les tours quand la puissance et surtout le couple d’un diesel sont disponibles assez tôt. Passer au rapport supérieur rapidement et parfois sauter deux rapports peut surprendre les non-initiés. Pourtant, il s’agit là de recommandations efficaces.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet La UneLe fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une