S'identifier S'abonner

Des attentats «imminents» contre la police ont été déjoués, deux djihadistes tués

La police a mené une vaste opération anti-terroriste dans trois arrondissements : Bruxelles, Verviers et Hal-Vilvorde. Une dizaine de perquisitions ont été menées jeudi soir.

Par Bastien Doyen , Claude De Decker et Marine Buisson

Temps de lecture: 6 min

L’ESSENTIEL

Depuis jeudi soir, la Belgique est en état d’alerte. Le Parquet a confirmé que la police fédérale avait mené une dizaine de perquisitions dans trois arrondissements (Bruxelles, Verviers et Hal-Vilvorde) afin de démanteler un groupe de djihadistes revenus de Syrie qui avaient planifié des attentats d’envergure imminents contre des services de police sur le territoire. L’opération a été déclenchée par la révélation obtenue par des écoutes opérées aux domiciles et dans les véhicules des suspects. Les attentats qu’ils programmaient devaient, selon une source, être exécutés «  dans les heures » suivant les dernières interceptions inquiétantes.

Deux djihadistes tués à Verviers, un autre blessé

Il était 17h40 lorsque les forces spéciales ont donné l’assaut dans une habitation rue de la Colline, à Verviers, pour arrêter trois djihadistes. Ceux-ci ont fait usage d’armes automatiques et d’armes de guerre contre la police. Deux ont été tués alors que le troisième suspect, blessé, a été interpellé. Aucun policier n’a été blessé. Quatre kalachnikovs ont été découvertes, ainsi que des produits destinés à fabriquer des bombes et des vêtements policiers. Le quartier de la gare a rapidement été bouclé, tandis que les bus du Tec sont rentrés au dépôt. Une seconde perquisition menée en soirée dans la ville, rue du Palais, n’a rien donné.

>>> Photos et vidéos  : l’opération anti-terroriste à Verviers

Si le Parquet a précisé qu’aucun suspect ne lui avait échappé à Verviers, il n’a pas souhaité faire de commentaire sur les opérations menées à Bruxelles. Le bourgmestre de la Ville, Yvan Mayeur (PS), a confirmé que des perquisitions d’ampleur étaient effectuées mais ne pouvait pas en dire davantage.

À Anderlecht, une perquisition a été menée dans un immeuble située rue Lieutenant Liedl mais elle n’a rien donné, selon le bourgmestre Eric Tomas.

Quatre autres perquisitions ont eu lieu sur le territoire de la commune de Molenbeek Des rassemblements de populations ont eu lieu, mais sans violence, a précisé la bourgmestre Françoise Schepmans. Selon elle, la police fédérale aurait procédé à des arrestations. Mais le nombre n’est pas connu.

Des perquisitions ont été aussi confirmées à Schaerbeek.

Réunion au sommet de l’État

La situation a été suivie minute par minute par Charles Michel, qui s’est réuni jeudi soir avec le ministre de l’Intérieur Jan Jambon, le ministre de la Justice Koen Geens et les services de sécurité. A l’issue d'une réunion de crise au cabinet de la Justice, vers 23h20, le Premier ministre a évoqué les éléments factuels: « Après une longue préparation, des opérations de lutte contre le terrorisme ont démarré sur le terrain, dans le cadre d’un enquête judiciaire et sur la base de nos service de renseignements».

Le Premier ministre a ensuite félicité les services de renseignements et de sécurité et le parquet fédéral pour leur bonne coopération dans ce dossier. Enfin, il a confirmé que le niveau de menace est porté à trois sur l’ensemble de la Belgique, même si l’on « n’a pas connaissance de menaces concrètes et spécifiques, mais nous voulons être prudents». Ce niveau trois permet de mettre en œuvre de nouveaux moyens de protection qui ne sont pas précisés pour des raisons évidentes.

>>> Le niveau d'alerte attentat relevé à l'échelle 3 sur 4 sur l'ensemble de la Belgique

La plupart des commissariats bruxellois ont été fermés. Ils n’ont pas été évacués mais les portes d’accès ont été bouclées. Le stationnement des véhicules sera interdit devant les commissariats et le niveau d’armement des policiers sera modifié.

>>> Opération anti-terroriste : le niveau de sécurité relevé dans les commissariats de police

Aucun lien avec les attentats de Paris

Pour l’heure, aucun lien avec les attentats de Paris n’a été établi. L’enquête menée par le parquet fédéral est en cours depuis plusieurs mois Une nouvelle conférence de presse aura lieu ce vendredi à 11 heures.

Suivez le direct sur mobile

TEMOIGNAGES

Verviers : « Deux jeunes habillés tout en noir »

Une témoin raconte au « Soir » : « Il était 18 heures, alors que j’étais en voiture en face du palais de justice, j’ai entendu deux détonations. Je me suis arrêtée. J’étais seule dans la rue et j’ai vu débouler deux jeunes de 25 ou 30 ans d’origine maghrébine, habillés tout en noir et portant un sac de même couleur. » Cette témoin précise que les deux individus semblaient affolés. « Quand j’ai voulu reprendre la voiture, j’ai constaté que tout était bouclé par la police », précise-t-elle.

La rue des Écoles et du Palais notamment ont été fermées à la circulation, précise la police locale.

Verviers : « Tout a été très vite »

Enrich, 19 ans, était à la pharmacie avec sa sœur dans la rue située juste à côté. « J’ai vu arriver une voiture noire avec, à l’intérieur des policiers cagoulés. Puis on a suivi des fourgons qui se sont engouffrés dans la rue de la colline. Tout a été très vite. Ils ont fermé la rue et ont dit : «  On y va, on y va  ». Des explosions et des coups de feu ont retenti, et c’était fini.  »

Verviers : « La rue était sous surveillance »

Thierry a entendu les cris et les coups de feu alors qu’il téléphonait à son amie restée au domicile, au 36 rue de la colline. « Peu avant 18h, mon amie m’a appelé alors que j’étais au travail. J’ai entendu en direct les détonations et les cris dans la rue. Je suis immédiatement rentré chez moi mais je me suis retrouvé calé devant le barrage policier.  » Pour ce Verviétois de 27 ans qui vit quelques rues plus loin, « la rue était sous surveillance. Avec mes amis, nous avions vu la présence d’une voiture banalisée de la police rue de la colline depuis quelques jours. Pas mal de gens savaient qu’il y avait du va-et-vient dans cette maison qui abritait essentiellement des Arabes et des Tchétchènes. »

Roger Lilien, qui tient un club de danse à deux maisons de l’opération, ajoute : « C’est une maison transformée en petits appartements où il y a eu pas mal de changements de locataires ces derniers temps ».

« Extrême vigilance vis-à-vis de filières terroristes islamistes »

Marc Elsen, bourgmestre de Verviers, présent sur place alors que l’opération est terminée : « Je n’ai pas été averti de cette opération menée par la police fédérale et c’est bien compréhensible. De manière générale, nous avons augmenté notre vigilance au niveau de la police locale, sans pour autant semer la confusion au sein de la population. Évitons les amalgames entre la grande majorité de nos concitoyens musulmans et l’extrême vigilance vis-à-vis de filières terroristes islamistes. »

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Retour en haut du site Belgique Monde Économie Sports Culture Opinions Techno Sciences et santé So Soir Soirmag Génération Demain la Terre Images Le choix de la rédaction Dossiers Archives Bourses Trafic Météo Programmes télé Club du Soir Nous contacter RSS Concours Les voyages du Soir La boutique SoSoir Petites annonces Annonces immobilières Gocar Faire-part et cartes de vœux Photobook Les Œuvres du Soir Toutes nos archives Gérer les cookies Rossel Rossel Advertising References Cinenews Out.be Passion Santé L'Echo SudInfo Metro Kotplanet.be Grenz Echo La Voix du Nord Vlan Rendez-vous En mémoire Sillon belge App Store Optimization Immovlan VLANSHOP