La phrase court dans Mons 2015

Une invitation à suivre et à chercher la poésie dans la ville. D’ici la fin d’année, la phrase s’étalera sur un parcours de dix kilomètres dans la ville.

Ex-journaliste au service Culture Temps de lecture: 2 min

Elle s’affiche déjà sur les murs à la sortie de la gare. « Layez-vous chambourler dins no pt’tit trô d’ville ! Nos sommes binéeses de vos vîre ! èyè vos z’in rîrrez avé des bellés imâges plein vos tiètes. » Une invitation à suivre et à chercher la poésie dans la ville. D’ici la fin d’année, la phrase s’étalera sur un parcours de dix kilomètres dans la ville. « On a commencé le 11 décembre et on essaye de coller 30 à 40 mètres de phrases par jour, explique l’auteure et responsable du projet, Karelle Ménine. Cela représente au total 250.000 signes. »

Les Montois vont petit à petit découvrir dans leurs rues un mélange de textes littéraires. « Des poèmes de Paul Verlaine car il a fait de la prison à Mons, d’Emile Verhaeren qui avait une résidence secondaire pas loin où il invitait les grands intellectuels européens, les proses du surréaliste montois Fernand Dumont et de la résistante et poétesse Marguerite Bervoets, exécutée par les Allemands en 1944. »

Karelle Ménine a assemblé ces extraits à des bribes de paroles des habitants de Mons, des archives de la ville, etc. La création se construit semaine par semaine. Parfois, l’actualité peut venir se greffer. Ainsi, en hommage aux attentats de Charlie Hebdo, une phrase de Verlaine sur une façade montoise : « Changer au mieux le pire, A la méchanceté Déployant son empire Opposer la bonté… Bonheur, 1885-93, Verlaine. En ce jour de massacre à Charlie Hebdo, 07.01.15 : Liberté d’expression, je crie ton nom. »

L’écrivain travaille en collaboration avec le designer franco-suisse Ruedi Baur, l’auteur de l’identité visuelle et de la signalétique du Centre d’art contemporain Georges Pompidou et une équipe de graphistes. La phrase a pour but d’intégrer le patrimoine littéraire dans l’espace urbain pour que les habitants se le réapproprient. Même si la plupart des textes écrits sur un film adhésif blanc seront enlevés fin 2015, quelques segments resteront comme ceux installés sur la prison de Mons.

 

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