Briser les tabous pour sauver l’Europe

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 2 min

Huit ans de crise, et les dirigeants européens attendent toujours le Sauveur ! Tous (sauf peut-être Mme Merkel) se féliciteront de la décision « historique » prise jeudi par la Banque centrale européenne (BCE) et son président Mario Draghi.

Mais de quoi parle-t-on ? D’inonder le secteur financier de liquidités créées ex nihilo – plus de 1.000 milliards d’euros ! – dans l’espoir de doper le crédit et de relancer les investissements.

Seulement voilà : les entreprises n’embauchent pas, n’investissent pas. Avec les effectifs et les capacités de production dont elles disposent, elles peuvent largement satisfaire la demande

actuelle et attendue. Que leur importe que les taux d’intérêt soient bas et que les banques se montrent désormais, comme dit l’espérer Draghi, plus prêteuses ?

Peu importe qu’on parle de déflation ou d’équilibre de sous-emploi, la zone euro et, avec elle, l’Europe sont prises au piège. Car nos dirigeants refusent d’activer la politique budgétaire, qui seule pourrait relancer la machine. Qu’on ne nous parle pas du Plan Juncker : 315 milliards d’euros d’investissements au départ d’une mise de fonds de… 21 milliards d’argent public ? Un miroir aux alouettes !

Le drame, c’est que les pays qui pourraient emprunter pour investir, ne le veulent pas ; et que ceux qui en ont désespérément besoin ne le peuvent pas – non qu’ils aient trop longtemps vécu au-dessus de leurs moyens, mais parce que leurs finances publiques ont essuyé les plâtres de la crise financière.

Pourtant, les besoins d’investissements sont criants, avant tout pour planifier – ce que seul l’Etat peut faire – la transition écologique vers des modes de production et de consommation moins gourmands en matières premières et en énergie et la réindustrialisation, indispensables si l’Europe entend préparer l’avenir.

Au lieu d’utiliser la planche à billet pour inonder les marchés financiers (au risque de nourrir la bulle obligataire), pourquoi ne pas financer directement un

« New Deal » européen ?

La Banque européenne d’investissement est mille fois trop prudente, de peur de perdre son rating, obligée qu’elle est de se financer sur les marchés. Et si on lui ouvrait en grand l’accès au guichet de la BCE, comme le propose notamment l’économiste grec Yanis Varoufakis, par ailleurs candidat aux élections de dimanche sur la liste Syriza ? Paris valait bien une messe ; l’avenir de l’Europe vaut bien de briser

le tabou des tabous.

 

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