Etre « sans bureau fixe », c’est trendy

Entre colocation et open-space, de plus en plus d’espaces de travail partagés accueillent les travailleurs nomades, notamment les gares.

Temps de lecture: 3 min

C’est tendance. De plus en plus de personnes actives partagent un lieu de travail. Tantôt pour une heure, tantôt pour une journée, tantôt pour une durée plus longue. Cela dans des centres d’affaires et espaces de « coworking ». Si la première appellation désigne des bureaux à louer en fonction des besoins, la seconde renvoie à des espaces réunissant des travailleurs de tous les horizons pour constituer une petite communauté où le facteur humain est aussi important que l’aspect pratique. Deux concepts qui révèlent une nouvelle définition du lieu de travail et des collègues.

Aujourd’hui, de nombreuses formules existent pour répondre aux différents besoins des « SBF » (« sans bureau fixe »), allant des salles de conférence louables à l’heure aux bureaux privatifs qui offrent un environnement de travail pour plusieurs mois. Les espaces de travail partagés proposant connexion internet et café sont également à louer à la journée. Mieux encore, la location de bureaux virtuels permet de profiter d’une adresse ou d’un secrétariat.

Le 22 janvier dernier, le pionnier belge Regus a inauguré son premier bureau Express à l’intérieur de la gare de Liège-Guillemins. « Les gares sont centrales, faciles d'accès par différents moyens de transport, disposent de parkings et offrent de plus en plus de services urbains, explique William Willems, directeur de Regus Belgique-Luxembourg. Nous y proposons des lieux de travail mais aussi de réunion, professionnels et bien équipés ». D’ici avril-mai, sept autres gares belges offriront ces services aux hommes d’affaires et « aux gens qui cherchent juste un lieu de travail entre deux rendez-vous ».

Si l’offre est diversifiée, le public l’est tout autant. A Forest, « Factory Forty » accueille une clientèle variée : « Il y a beaucoup d’indépendants qui se rendent compte qu’ils sont plus efficaces dans un contexte de coworking que chez eux, explique David Sdika, mais aussi des petites sociétés, des start-ups et des multinationales qui organisent des ateliers et des conférences ». Ce n’est pas uniquement la curiosité qui pousse les grands groupes dans ces lieux, « ils accèdent ici à un espace de collaboration dynamique et se mettent au contact de valeurs qu’ils ont parfois perdues de vue ». « Il y a vraiment un échantillon représentatif de la population », ajoute-t-il. A Coworking Namur, les locaux sont partagés par des traducteurs, des graphistes, des menuisiers et des consultants. « L’espace est ouvert à tous ceux qui ont besoin d’un ordinateur portable pour pouvoir bosser, dit Thomas Fernémont. Les gens n’y viennent pas pour faire du business, bien que l’on ait déjà vu des contrats se signer grâce aux rencontres faites sur place ».

Meilleure productivité

Partager un espace de travail présente plusieurs avantages, notamment la réduction des coûts de location. Grâce aux formules proposées, il est possible d’ajuster ses dépenses à ses besoins. L’occupation d’un espace de travail partagé améliorerait aussi la productivité, entre autres grâce au raccourcissement du trajet jusqu’au lieu de travail.

Travailler dans des endroits stratégiques comme les gares rentabilise également les moments d’attente inévitables lors de déplacements. Et une fois mobile, un travailleur peut couvrir une zone géographique plus large et donner une image dynamique de l’entreprise auprès des clients. Les compagnies qui ont recours au coworking n’hésitent d’ailleurs pas à le valoriser auprès de leurs clients.

Ce type d’environnement casse en tout cas les codes traditionnels du monde du travail et les pressions qui en découlent. En s’émancipant des contraintes habituelles, le travail accompli revient au centre des préoccupations. A « Factory Forty », « chacun fait son travail dans un cadre humain agréable et trouve un équilibre. Ici, on n’a pas peur du regard des autres donc on a un rapport décomplexé à son travail », ajoute David Sdika.

Un bien-être aussi lié au contact avec des gens différents et ne présentant aucune menace concurrentielle.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet La Une Le fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une